La mode et moi.
Par l'Autruche, mercredi 27 juin 2007 à 16:24 :: Cronik :: #12 :: rss
Etre une fille repose sur un équilibre précaire de trucs cools, et de trucs moins cools.
En trucs cools il y a le fait de savoir nourrir n'importe qui, à n'importe quelle heure du jour et de la nuit et ce même s'il ne reste qu'un bout d'emmental et deux tomates se battant en duel dans le refrigérateur. Là où tout être humain sensé verse des céréales dans un bol, la fille dépose dans ton assiette ses très fameuses "Tomates à la Grecque sur lit d'Emmental Fondant."
En trucs moins cools, le fait de prendre 5kg par cuisse rien qu'en regardant le paquet de chips.
Mais une fille ne se résume bien évidement pas à ces pauvres qualités ou défauts, non, la fille est plus subtile, la fille est perverse, que dis-je : la fille est un mystère. Pour les hommes oui, d'abord, mais pour elle-même aussi.
Prenons, au hasard, mon cas, puisque je m'ai sous la main.
Plaçons le décor, rue du Faubourg St Honoré, Paris - 13h20. J'attends Super Copine pour une salade. Mon statut de chômeuse et son statut d'assistante de gens riches mais bizarres nous permettent de déjeuner ensembles de temps en temps mais pas avant 13h30. En attendant j'observe les gens dans la rue, lève un sourcil circonspect devant un Humer limousine (?).
Soudain, la perplexité m'envahit plus que de raison, deux taxis viennent de déposer une horde de jeunes femmes (filles ?) sur le trottoir d'en face.
Et là, je dois dire, un monde m'échappe. Elles sont indéniablement de sexe féminin, ou alors il faut que je change de lunettes, mais vite. Je suis personnellement vêtue d'un pantalon droit noir, top noir et blanc, ballerines noires. Elles sont personnellement dévêtues de micro-robes lamé or, tee-shirts I Love Kate (Moss je suppose) et leggins mauves (certes) (le leggins, de base, j'ai envie de te dire non, c'est un peu comme les shorts/bermudas, à moins d'être Kate, justement, t'es juste grosse et moche dedans) et elles arrivent à rentrer dans un jean slim taille 10 ans, finger in ze noze. Voire ça flotte sur les hanches, un peu. Elles ont bien sûr toutes une démarche nonchalante, allant à merveille avec la nonchalance de leur chevelure et je ne parle pas de la paire de lunettes de soleil king-size d'une extrême nonchalance. Paris, 27 juin 2007, 11°C, un rayon de soleil très loin là-haut, par dessus les nuages.
Et c'est là, que j'ai pris conscience de toute la complexité qu'il y avait d'être une fille. Parce que je sais qui est Kate Moss, parce que je connais le nom de ces collants sans pieds, parce que je sais qu'un jean hyper collant moulant s'apelle un slim, parce que je passe 30 minutes à me démaquiller et laver le visage et appliquer une crème de nuit tous les soirs, tout bien comme ils disent de faire dans Cosmo, parce que je sais que le sac Hermès ultime s'apelle le Birkin et que je bave dessus moi aussi (si quelqu'un à 20 000 euros, faites un don-merci).
Mais je ne sais résolument pas marcher avec un talon de plus de 3 centimètres, je refuse de porter ces trucs horribles, même si une de mes cuisses ne faisait pas les deux leurs et si, parfois, le ridicule tue.
Donc Messieurs, pardon, mais trouvez donc un tel problème existentiel d'une complexité aussi épineuse et on verra. En attendant, c'est plus difficile d'être une fille qu'un garçon.
Commentaires
1. Le jeudi 28 juin 2007 à 12:51, par Jenova
2. Le jeudi 28 juin 2007 à 13:14, par marine
3. Le jeudi 28 juin 2007 à 13:29, par Autruche
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