J'avoue, je suis très mamours.

Avec Chéri, bien que nous ayons mis au point une sorte d'accord tacite qui dit " pas de bisous et pas de mots doux en public", on est les pros du "je t'aime" n'importe quand. Il sort la poubelle ? Je t'aime. Il a l'air heureux ? Je t'aime. On doit dire "je t'aime" une cinquantaine de fois par jour.
J'avoue, je ne suis pas une crispée de ces trois petits mots. Je n'ai jamais cru que les dire mille fois leur faisaient perdre leur pouvoir, leur signification. Pourquoi cela ? Quand je dis je t'aime, à Chéri ou à quelqu'un d'autre, ce ne sont que des mots, quoi qu'il arrive. Ca ne rendra jamais compte du coeur qui se gonfle, de la gorge qui se noue, du sentiment physique qui me secoue quand je dis ces mots. Je pourrais dire "kawabounga" à la place, cela voudrait dire exactement la même chose pour moi.

Bien sûr, le degré du "je t'aime" n'est pas le même selon la personne à laquelle on le dit, mais la situation d'énonciation n'est jamais ambigue. De part la simple relation entretenue, de base.
Quand je dis "je t'aime" à Milie, j'exprime toute l'affection sororale que j'éprouve pour elle, toute la fierté qu'elle m'apporte. J'exprime aussi ma gratitude pour tous nos combats et toutes nos larmes, pour la transparence l'une envers l'autre dont on a toujours fait preuve.
Quand je dis "je t'aime" à Cha, je dis "merde tu me manques, tu fais chier d'être si loin".

Et puis quand je dis "je t'aime" à Chéri, je dis l'indicible, je dis le bonheur que c'est de me réveiller chaque jour à ses côtés, je dis ce mélange indescriptible de passé, de présent et de futur que l'on a construit, et que l'on va construire. Au bout de 3 ans de vie commune, je dis aussi à quel point c'est pour moi comme au premier jour, comme il me manque dès qu'il part 5 minutes, que mes journées sont longues et ennuyeuses sans lui, que j'ai toujours le ventre qui se serre et le coeur qui bat à tout rompre quand on se retrouve le soir. C'est plus simple, quand même, ces trois petits mots, pour dire tout ça. C'est moins grandiloquent, c'est moins amoureux romantico-transi. C'est moins mièvre.
Et ces trois mots là sont importants pour ça, pour moi.


Bien sûr, il y a des gens à qui je ne le dis pas.
Il y a de la pudeur et de la retenue, parfois. Ce n'est pas que D. et moi sommes moins proches, c'est juste que notre relation ne s'y prête pas. Pareillement avec C. et Flo. On préfère boire des bières.

Mais je n'en pense pas moins.