Au diable nos états d’âme, et nos vies qui ne basculent.
Par l'Autruche, lundi 17 mars 2008 à 12:13 :: Six pieds :: #77 :: rss
Manque flagrant de concentration. Théophile, Théophile, pardon, mais non. Je te lis, machinalement, je fais des fiches, machinalement, j’endors mon esprit, machinalement.
J’erre dans l’appartement, gros soupir, gros gros soupir, d’ennui. Mon cœur s’est tu en quelques heures, du moins je m’en suis rendue compte il y a quelques heures, que le tumulte et la rage étaient passés, sûrement il y a longtemps d’ailleurs. Il reste des sentiments forts, bien sûr, mais la conscience aigue …disparue. Le truc qui fait mal. Disparu.
J’apprends que l’on peut vivre sans souffrance, que l’on peut vivre sans larmes, je l’avais appris je pense, j’en prends conscience.
Et puis je me découvre étrangère à ce monde, je me rappelle de cette discussion avec Lui, où je lui disais tout les paradoxes de certains sentiments, mes envies de calme et de sérénité, mes envies de rester là, avec lui et eux, en autarcie, mes envies de cuisine, de jardin, mes envies « de vieille » comme je dis.
Mais aussi mon incompréhension face aux gens, aux filles surtout, de mon âge, avec E. en porte-étendard, me demandant pourquoi je n’étais pas comme elles, insouciantes et fraiches, jeunes, comparaison stupide dont je ne voyais pas l’absurdité.
Je n’ai pas envie de danse, je n’ai pas envie d’ivresse, je ne veux pas du cœur qui cogne, j’ai donné - un peu, je n’en veux plus -jamais.
J’ai le rêve de cette nuit, image d’Épinal, devant les yeux : une grande table dehors, du soleil, les gens ( C. et P et soyons fous, Flo, notre famille, et E. qui voudrait cueillir des fleurs, et les autres…) qui arrivent les bras chargés de salades fraiches, Lui devant le barbecue qui fume, je porte une robe blanche salie par la terre du jardin. Ca me va, oh, oui, ça me va vraiment.
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