(parenthèse)
Par l'Autruche, mercredi 16 avril 2008 à 19:57 :: Six pieds :: #87 :: rss
En lisant les mots d'une autre, ce soir, et en essayant de lui répondre, je n'ai pas su vraiment exprimer tout ce qui me passait dans la tête. Comme je sais qu'elle lit ici, j'espère que ça l'aidera, et j'espère aussi qu'elle ne prendra pas ça pour une leçon de vie que je pourrais lui donner, ce n'est ni mon intention ni mon rôle, mais on partage déjà tellement de choses, elle et moi, et j'ai besoin de lui dire ça.
Il m'a fallu du temps. Enormément, vraiment beaucoup de temps, d'amitié, de présence et enfin d'amour pour y arriver. Arrêter de me poser des questions. Ça c'est fait sans que vraiment je m'en rende compte. Je ne pourrais pas dire quand.
Je suis une vraie fille. A cette constatation s'ajoute le fait indéniable de mes défauts de fille. Du jour où j'ai commencé à fréquenter les garçons jusqu'à il y a quelques mois, du jour en fait, où mes parents m'ont considéré comme une adulte, ces fous, je me suis posée des tas de questions de fille. J'ai douté de tous les hommes rencontrés, de la parole de ma mère, j'ai douté de ma famille, j'ai eu peur pour mes frères chaque jour que Dieu faisait. De mes ami(es) j'attendais trop, je mettais trop de pression. J'ai été déçue, des gens sont partis, je suis restée pas mal seule. Intransigeante. Il y a encore quelques mois, alors que nous entamerons bientôt notre 4ième année avec Chéri, je doutais de notre histoire. J'ai toujours eu cette propension au malheur, aux cris aux pleurs, aux doutes, au manque de confiance, en moi, en nous. Comment une fille comme moi pouvait-elle croire qu'un garçon comme lui allait rester à mes côtés pour tout le reste de la vie ? Il y a encore un an, j'ai fait une énorme bêtise tellement je n'y croyais pas. Je n'y croyais tellement pas qu'il fallait que je provoque le clash. J'aurais pu me mettre sous une voiture, même résultat. J'avais mal, je me punissais de mon manque de confiance dans l'avenir, et je ne pouvais rien y faire : c'était comme ça. On ne resterait pas ensembles, même si je voulais y croire de toutes mes forces.
Chéri, sur ce coup-là, je dois dire, a été un monstre de gentillesse et de compréhension. Je me suis pris des baffes de sa part (au figuré), je les avais amplement méritées. Il y a un an, on a fait comme si on repartait de zéro, mais il y avait eu notre clash, à nous, celui qui fait mal des années après quand on y repense, mais celui qui m'a fait grandir. Et je ne sais pas comment, j'ai arrêté de me poser des questions. Et puis, surtout, j'y crois en notre histoire. Bien sûr, je ne suis pas complètement naïve, je sais que peut-être un jour, ça finira. Et puis peut-être pas. L'important c'est d'avoir des projets ensembles.
Forcément, après, tout s'est plus ou moins apaisé. J'ai parfois l'impression d'être une hippie du sentiment, vu que ce n'est pas du tout ce que je suis "dans la vie", c'est reposant. Mais voilà, je prend certaines choses avec plus de philosophie. J'ai arrêté de stresser pour mon frère sans travail, c'était son problème il est grand. Au final il a trouvé du boulot, parce que merde il est juste responsable. Mais faut lui lâcher la bride. Et franchement, il ne faut pas compter sur moi pour dire à mon petit frère que changer d'orientation est une connerie, il a 17 ans, il a tellement tellement le temps de voir autre chose et de se décider... J'ai aussi des amis que je vois quand j'ai le temps, et quand ils ont le temps, et même si on se voit pas souvent, l'important c'est ce qu'on ressent et comment on se sent bien ensembles quand on se retrouve.
Il m'a fallu beaucoup de temps aussi pour comprendre qu'on ne peut pas être heureux tout le temps. Que c'est mentir. Qu'on a des faiblesses et des coups de blues, qu'il faut les accepter sans tout remettre en cause à chaque fois. Que je ne suis pas malheureuse comme les pierres parce que je pleure ce soir, mais que je suis juste fatiguée. Qu'il faut prendre sur soi, manger un bout, aller au lit, parce que demain je me lèverai avec la patate. C'est comme ça. On est pas des robots lisses des émotions. Ça ne marche pas comme ça.
Il m'a fallu du temps pour tout ça. Et j'avoue, je ne saurais pas quoi lui donner comme conseil. Je n'en ai pas. C'est ma, toute petite expérience. Je pourrais dire " là, arrêtons de se poser des questions" mais je ne suis pas sûre que cela fonctionne, parce que je suis plutot persuadée que cela vient comme ça, quand on s'y attend pas, et à différents stades de la vie d'une personne. Y'a pas de modèle pour se sentir bien avec soi-même.
La seule chose que je puisse lui dire, c'est que ça arrivera.
C'est certain.
Commentaires
1. Le jeudi 17 avril 2008 à 08:42, par E.
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