Les "artistes"
Par l'Autruche, vendredi 27 juin 2008 à 19:29 :: Cronik :: #101 :: rss
Encore un coup de sang, parce que je le vaux bien. (et que ça me fait plaisir va.)
Sans aucun doute, je hais l’art moderne. Sans aucun doute, les artistes m’exaspèrent, m’agacent, m’insupportent.
Je parle des Beaux-Arts, Poésie, Littérature, Sculpture, Peinture, autres modes de production -je ne parle pas du cinéma, ni de la musique, ou de la bande dessinée. Considérés bien souvent comme la nourriture culturelle du petit peuple ignorant dont je fais partie par ceux dont je parle ici-sauf s’il s’agit d’art et d’essai, ou de musique classique, ou expérimentale, là, c’est de l’art, voyons. Ne mélangeons pas les torchons et les serviettes.
Certes on en est pas encore à la systématique brosse à reluire, mais presque. Personne ne fait bien attention aux artistes d’aujourd’hui, alors ils se passent de plus en plus du grand public, se glorifient souvent d’être underground.
Touchage éhonté. Leurs concepts, leurs idées sont absconses et ils ne prennent plus la peine de les expliquer, à nous pauvres et simples (simplets ?) humains. A quoi bon ?
Leur « art » ne sert à rien, pas même à être simplement beau, il ne se suffit même pas à lui-même.
Les poèmes qu’ils produisent ne sont plus un produit mais le fruit d’un travail et c’est là que le bât blesse. Sous les rimes, les vers, les collages, les sculptures, on ne voit plus que la charpente, les tasseaux, les poutres. Le résultat final si cher aux Anciens n’est pas l’œuvre mais le travail.
A force de considérer leur statut comme étant celui de parasites oisifs, ils tentent de se légitimer. Ils disent produire du sens quand ils ne produisent que du vide. L’absurde du Manifeste du Surréalisme avait au moins le parti pris de produire de l’absurde. Maintenant, on produit de l’art, mais pas pour le petit peuple, pour des privilégiés. Pour d’autres artistes.
Où sont nos Rimbaud, nos Verlaine, nos Baudelaire, nos Gide, nos Giono, nos Rilke, nos Monet, nos Cézanne, nos Rodin d’aujourd’hui, de demain ?
Quel « artiste » vivant aujourd’hui vous donne ces frissons-là ?
Ceux-là sont morts avec l’interdiction de l’absinthe, quand les corps se font fait plus lourds, l’esprit plus raide, quand la bourgeoisie s’est mise en tête de devenir artiste, comme si l’on pouvait être artiste, le décider, mais comment être artiste quand on ne manque de rien ? comment écrire l’amour malheureux quand la société rationalise le moindre de nos sentiments ? comment trouver l’inspiration quand l’alcool, le stupre et la débauche ne sont plus tolérés, en tous cas, pas ensembles ? comment être un artiste quand on a pas vécu, quand on ne vit pas les plus grand malheurs du monde, comment être artiste sans sagesse ancestrale, comment être artiste dans le monde d’aujourd’hui -où l’on ne trouve plus que l’Art est beau, mais juste que «la démarche est intéressante » ?
Ceux qui se disent artistes sont des pédants.
Le vrai artiste pour toujours, à jamais, avec ce que cela implique d’intolérance de ma part, mais qu’importe, il est question de mon avis ici, le vrai artiste pour toujours, à jamais, est celui qui jamais ne se déclarera « artiste », est celui qui sera humble, modeste, s’étonnera toujours que l’on trouve que ce qu’il fait est beau, s’étonnera toujours que l’on veuille le publier, le faire connaître, celui qui ne recherche ni les ors, ni la gloire, celui surtout, qui ne se prend pas au sérieux.
Sérieux et pédants, voilà nos artistes d’aujourd’hui.
C’était quand même mieux avant.
Commentaires
1. Le samedi 28 juin 2008 à 11:02, par Moune
2. Le dimanche 29 juin 2008 à 17:56, par L'autre conne
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