Aujourd’hui, ce matin, j’ai rangé.

J’ai pris les livres sur mon bureau, deux par deux par trois, et voilà, dans la bibliothèque. Un jour sans doute, je pourrais les relire sans avoir une explication de texte préformatée dans la tête. J’ai vidé les tiroirs de mes cours, trié, mis de côté. Tout à l’heure, Chéri prendra un carton et descendra le tout à la cave.

J’ai pris le parti de me dire que j’aurais les 3 UE qui me manquent, parce qu’on pourra dire ce qu’on veut, il y a toujours un moment où je rebondis. Bien sûr, j’ai l’orgueil en berne, bien sûr je suis paniquée. Bien sûr, j’ai gardé les cours de ces trois-là, un « au cas où » pour l’année prochaine. Mais ils sont tout en bas, sous des articles sur Giono.
Parce qu’en rangeant, je me suis aperçue que, malgré tout cet orgueil justement, ce que j’avais fait était bien. Je suis fière de cette troisième année, pas fière comme un pou, non, mais fière du travail accompli, heureuse de ce que j’ai appris. Avec le sentiment du travail bien fait. Je refuse qu’on me parle de la correspondance, ou de ma vie professionnelle. Ça n’entre pas en ligne de compte, j’ai réussi. Tant bien que mal, on est d’accord, en demi-teinte, parce que ce n’est pas triomphal - à cause de ces trois matières de deuxième année- mais je m’accorde ce mérite. J’ai bien travaillé.

Tant que j’y étais j’ai enfin trié mes papiers banque-assurance maladie, blabla, laissés en vrac depuis le déménagement.

Et puis j’ai mis sur mon étagère à livres du bureau, ceux que je vais pouvoir lire tranquillement cet été. Ceux dont je vais faire une boulimie. Avec les lettres de Claire qui attendent de servir de Marque-ta-page. Et mon manuel de jardinage.


C’est propre. Deux heures pour faire place nette pour autre chose. Pour un peu d’espoir.