Nos vies qui se frôlent.
Par l'Autruche, mardi 22 juillet 2008 à 10:03 :: Six pieds :: #107 :: rss
On dit qu’on ne choisit pas sa famille, mais qu’on choisit ses amis. Mais certains d’entre eux s’imposent à vous, dans votre vie, comme s’ils étaient de votre famille. Je n’ai jamais eu de sœur, et, à moins d’un miracle biologique, n’en aurai jamais. Des frères, ça j’en ai, même un disparu, mais une sœur, non. Du coup je n’ai jamais eu trop d’amies, ma mère suffisant à mon contact avec la gente féminine.
Jusqu’à il y a un peu plus de deux ans. J’ai rencontré dans mon salon, un peu par hasard, parce que ma maison est ouverte aux quatre vents, une grande liane blonde. Tu riais un peu trop fort, faisais un peu trop de blagues, comme pour cacher ta timidité. Je te faisais des gâteaux.
Il y a des gens qui s’imposent à vous, des relations auxquelles vous ne vous attendiez pas. J’ai pris une grande baffe le jour où tu m’as appelé en larmes, perdue dans Toulouse. Y’a des sentiments dont on ne se rend pas compte avant de les vivre. J’aurais voulu prendre sur moi toute ta douleur, avaler ton chagrin. Je ne pouvais pas.
La suite est celle que l’on connait, celle qui ne se raconte pas, beaucoup trop de Mariage Frères l’hiver, des moqueries sur les passantes l’été, nos vies qui se frôlent sans pour autant se toucher, nos victoires et nos désillusions.
Aujourd’hui, tu as 22 ans. A quelque chose près, tu es ma petite sœur.
Celle que je peux engueuler quand elle fait des bêtises, celle avec qui je ris à en avoir mal au ventre, celle que j’aime comme quelqu’un de mon propre sang. Tu me regardes faire des erreurs, je suis derrière toi dès que tu trébuches. Plus que le même sang, il y a le même cœur.
Aujourd’hui tu as 22 ans. J’ai tout à apprendre de toi.
Il va me falloir une vie, je crois.
Commentaires
1. Le mardi 22 juillet 2008 à 16:05, par E.
Ajouter un commentaire