La Politique de l'Autruche

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mardi 22 juillet 2008

Nos vies qui se frôlent.

On dit qu’on ne choisit pas sa famille, mais qu’on choisit ses amis. Mais certains d’entre eux s’imposent à vous, dans votre vie, comme s’ils étaient de votre famille. Je n’ai jamais eu de sœur, et, à moins d’un miracle biologique, n’en aurai jamais. Des frères, ça j’en ai, même un disparu, mais une sœur, non. Du coup je n’ai jamais eu trop d’amies, ma mère suffisant à mon contact avec la gente féminine.

Jusqu’à il y a un peu plus de deux ans. J’ai rencontré dans mon salon, un peu par hasard, parce que ma maison est ouverte aux quatre vents, une grande liane blonde. Tu riais un peu trop fort, faisais un peu trop de blagues, comme pour cacher ta timidité. Je te faisais des gâteaux.

Il y a des gens qui s’imposent à vous, des relations auxquelles vous ne vous attendiez pas. J’ai pris une grande baffe le jour où tu m’as appelé en larmes, perdue dans Toulouse. Y’a des sentiments dont on ne se rend pas compte avant de les vivre. J’aurais voulu prendre sur moi toute ta douleur, avaler ton chagrin. Je ne pouvais pas.

La suite est celle que l’on connait, celle qui ne se raconte pas, beaucoup trop de Mariage Frères l’hiver, des moqueries sur les passantes l’été, nos vies qui se frôlent sans pour autant se toucher, nos victoires et nos désillusions.

Aujourd’hui, tu as 22 ans. A quelque chose près, tu es ma petite sœur.

Celle que je peux engueuler quand elle fait des bêtises, celle avec qui je ris à en avoir mal au ventre, celle que j’aime comme quelqu’un de mon propre sang. Tu me regardes faire des erreurs, je suis derrière toi dès que tu trébuches. Plus que le même sang, il y a le même cœur.

Aujourd’hui tu as 22 ans. J’ai tout à apprendre de toi.

Il va me falloir une vie, je crois.

lundi 21 juillet 2008

Et donc.

Et donc, c'est LA semaine où j'ai le moralomètre à zéro, que les Hautes Instances de l'Autorité Universelle ont pointé sur moi un doigt rageur en disant : "allez tu vas morfler encore un petit peu."

Ça m'a donné envie de me carapater en Toulousie plus vite que mon ombre.

Heureusement, il y a Chéri, et du jus de tomate.

jeudi 17 juillet 2008

Variations sur un échec.

Je m'aperçois que, comme d'habitude, à chaque fois qu'il se passe un truc d'important pour moi, dans le mauvais sens, genre je fais pas de master l'an prochain, en fait, je me retrouve toujours toute seule, à la maison, dans mon lit, après m'être rempli le ventre de junk food, avec le pc et/ou un bouquin. Et je pleure même pas. C'est la faute à personne, c'est juste comme ça, à chaque fois.

Alors que, vraisemblablement, je devrais être en train d'enchainer les shoots de téquila assise par terre dans un endroit sale. (ou propre ça me va aussi).

dimanche 13 juillet 2008

Place nette.

Aujourd’hui, ce matin, j’ai rangé.

J’ai pris les livres sur mon bureau, deux par deux par trois, et voilà, dans la bibliothèque. Un jour sans doute, je pourrais les relire sans avoir une explication de texte préformatée dans la tête. J’ai vidé les tiroirs de mes cours, trié, mis de côté. Tout à l’heure, Chéri prendra un carton et descendra le tout à la cave.

J’ai pris le parti de me dire que j’aurais les 3 UE qui me manquent, parce qu’on pourra dire ce qu’on veut, il y a toujours un moment où je rebondis. Bien sûr, j’ai l’orgueil en berne, bien sûr je suis paniquée. Bien sûr, j’ai gardé les cours de ces trois-là, un « au cas où » pour l’année prochaine. Mais ils sont tout en bas, sous des articles sur Giono.
Parce qu’en rangeant, je me suis aperçue que, malgré tout cet orgueil justement, ce que j’avais fait était bien. Je suis fière de cette troisième année, pas fière comme un pou, non, mais fière du travail accompli, heureuse de ce que j’ai appris. Avec le sentiment du travail bien fait. Je refuse qu’on me parle de la correspondance, ou de ma vie professionnelle. Ça n’entre pas en ligne de compte, j’ai réussi. Tant bien que mal, on est d’accord, en demi-teinte, parce que ce n’est pas triomphal - à cause de ces trois matières de deuxième année- mais je m’accorde ce mérite. J’ai bien travaillé.

Tant que j’y étais j’ai enfin trié mes papiers banque-assurance maladie, blabla, laissés en vrac depuis le déménagement.

Et puis j’ai mis sur mon étagère à livres du bureau, ceux que je vais pouvoir lire tranquillement cet été. Ceux dont je vais faire une boulimie. Avec les lettres de Claire qui attendent de servir de Marque-ta-page. Et mon manuel de jardinage.


C’est propre. Deux heures pour faire place nette pour autre chose. Pour un peu d’espoir.

jeudi 26 juin 2008

Moi tes salades...

Aujourd'hui vu le temps et vu mon humeur, c'était une journée Pink Martini.



En plus, c'est une journée à bonnes nouvelles (sauf quand Boss a dit qu'il allait me retirer mon augmentation parce que je fais des blagues vraiment trop moisies et qu'il ne faut pas m'encourager), j'ai reçu un courrier qui m'indique que Ex-Boite avait mis 200€ de côté pour ma pomme sur un compte d'épargne salariale. Vu que je bosse plus chez eux, le truc est débloquable.

200€ c'est à la fois un max de Carambars, et presque le tiers de la somme dont on a besoin pour s'acheter la table de salon/salle à manger de nos rêves.

Quelle décision à prendre, j'en ai le coeur qui palpite, dites donc.

Quel suspense insoutenable.

mardi 17 juin 2008

On the Dancefloor.

En 2001, j'avais 15 ans et la première et seule fois où je suis allée en boite ils passaient ''Murder on The Dancefloor'' d'Ellis-Bextor toutes les 10 minutes. C'était dans le top 5.

C'était avant le premier petit copain sérieux (a.k.a plus de 2 semaines) mais après le premier baiser sur la plage de Noirmoutier. C'était pile-poil au moment où les parents commencent à dire "débrouille-toi, t'es grande maintenant !" mais qu'ils continuent à te faire à manger et à laver ton linge.

Pffff, des fois, qu'est-ce que je donnerais pas pour avoir 15 ans encore.

jeudi 12 juin 2008

Voyage toi-même.

J'adore recevoir des mails de mes collègues canadiens de bon matin (il est 5h30 du matin à Montréal Qc, là), qui sont de très bon exemples de sociolinguistique appliquée.

Donc, lors de la prochaine réunion on va "jeter un regard sur quelque chose" n'est-ce-pas, on parlera du "réseautage" aussi tant qu'à faire, et puis on accueille les gens "à un congrès" parce que "lors d'un congrès" ça fait trois lettres de plus à taper et ça c'est plus français ok, mais pas possible.

Et puis faut que j'arrête avec mes explications foireuses parce que visiblement ils savent pas "ce que ça mange en hiver".

Ça me met en joie parce qu'on fait un concours avec Boss, gagne celui qui arrive au plus grand nombre d'expressions québécoises à la fin de la semaine, et je suis favorite là.

dimanche 8 juin 2008

Retourner s'enfoncer, lire.

Il y aurait tant à dire sur Giono qu'il va me falloir un mémoire, deux mémoires, une thèse, que sais-je.

Son autotextualité savamment distillée, qui fait sourire le lecteur, c'est comme une chasse au trésor, là, là, j'ai déjà lu ça chez lui, c'est systématique, c'est comme si tous ses mots, tous ses romans, ses essais étaient des occurrences d'eux-mêmes et ils drainent à chaque fois toutes les valeurs précédentes ce qui fait qu'on ne se retrouve pas avec un chêne, mais avec une forêt centenaire, ce qui fait que la nature devient immense, envahit tout, ses écrits me donnent l'impression parfois d'être au bord, au sommet d'une montagne, avec le vent implacable droit dans le ventre.

Sa vision de la grandeur de l'homme, théâtralité, mythes grecs qui ne se disent pas, il n'y a rien d'explicite chez lui, il faut chercher, il faut connaitre et si on ne connait pas, il donne envie, et s'il ne donne pas envie, on comprend tout de même, voilà sa force, et son incroyable et totale confiance en l'Homme, en sa grandeur, en sa propre divinité, avec la pureté et le mal réunis car ce n'est pas dans nos actes que se situe notre salut.

Son amour de la nature, de la vie simple, lui qui, comme le Dictateur Camille retournait cultiver ses champs entre deux guerres, cultivait les siens entre deux livres et se nourrissait de la terre, pour manger, et pour écrire.

Et les élans que ses mots soulèvent dans ceux qui le lisent, la féroce nécessité de fuir à la campagne, et quand on y est déjà, de sortir se promener, respirer, et quand tout cela est fait, de retourner s'enfoncer, lire, dans le fauteuil de cuir.

Fétichisme.

Je suis avec toi quoi que tu fasses et je te dis que le monde t'accepte tel que tu es et qu'il n'y a pas à pardonner car il n'y a rien à pardonner, et que le champ de blé, les prés fleuris, les glaciers, les torrents et les forêts de hêtres sont pour toi et t'appartiennent honnêtement avec toute leur pureté comme ils appartiennent au saint des saints.
Je suis le compagnon en perpétuelle révolte contre ta captivité, qui que tu sois, et si tu n'est pas révolté en toi-même, soit que le travail ait tué toutes tes facultés de révolte, soit que tu aies pris goût à tes vices, je suis révolté pour toi malgré tout pour t'obliger à l'être.


Jean Giono - Les Vraies Richesses

mercredi 4 juin 2008

Un café et de la brioche maison - merci.

Ça fait des matinées bizarres.

L'après-exams est rempli de rendez-vous que l'on avait repoussé, repoussé et donc, comme on habite à perpet du kiné et de ma docteur et de la sécu, ça fait des matinées étranges, levée tôt pour des rendez-vous tard.

Ça fait des matinées en demi-teintes, pas la grande forme, entre fatigue et déception, parce que bon, oui ok j'ai ma 3A, magnifique objet qui serait totalement flamboyant s'il s'était accompagné de la validation de mes boulets de l'an passé, j'en ai validé 1 sur 3, peut-être qu'en 2010 ça marchera, est-ce que quelqu'un peut m'expliquer comment j'ai pu réussir d'un coup d'un seul le niveau Licence et PAS le niveau du dessous ?! Ce n'est pas une question rhétorique.

Enfin, au moins, je suis pas relou de l'orgueil mal placé c'est ça qui est bien.

Ça fait des matinées bizarres et des soirées magiques avec Chéri.



Souris, arrête de te lamenter, retourne bosser.

samedi 31 mai 2008

Nous n'irons pas danser ce soir.

Et donc, c'est fini.

Je n'ai jamais été très douée pour les notes harmonieuses, tout chez moi est souvent décousu, je ne prend même plus la peine de le cacher.

Je voulais donc dire qu'après 4 dissertations, 5 commentaires composés, 1 étude linéaire, des analyses linguistiques à la frustration des heures d'examen trop courtes, j'ai fini.

Rendez-vous dans 1 grosse semaine pour parler des résultats, d'ici là je vais trainer à la maison en m'abrutissant de lecture. Je ne suis pas sûre que je serais même honnête sur les dits-résultats ici, j'ai un égo qui risque de s'effondrer probablement alors je ferais semblant de conserver les apparences. Vous ne m'en voudrez pas.

Deux petites ridicules semaines.

Et puis c'est fini.

mercredi 14 mai 2008

Ok, ok.

Aujourd'hui ça va pas.

Depuis Octobre-Novembre, je me dis que les cours vont bien, que je gère. Ils m'interressent, je ne suis pas trop mauvaise, pas trop perdue et j'ai de meilleurs retours des professeurs que les années précédentes. J'ai donc entamé ce mois de Mai plutôt confiante, pas optimiste, mais pas pessimiste, espérant une moyenne convenable et, si possible pas de rattrapage. Pas encore. Pas toujours. Pas chaque putain d'année, qu'on ne me répète pas encore que " franchement ça va, tu travailles à côté, ça aurait pu être pire, que l'important c'est d'avoir le diplôme blablabla."

J'y croyais. J'y croyais et puis il y a eu cette note désespérement médiocre en coeff 5, à une semaine des examens, et j'ai craqué un peu, je me suis sentie nulle, et j'ai repris du poil de la bête, je me suis dit que j'allais vraiment bosser à fond, pour rattraper ça, j'ai mis les bouchées doubles.

Sauf aujourd'hui.

Aujourd'hui, j'ai le doute au coeur, chevillé dans le ventre malgré l'homéopathie magique de Chéri, j'ai envie de tout lâcher, de laisser tomber, d'être soulagée.

J'en ai assez d'être en décalage avec tout le monde, assez de rentrer le soir et d'entamer une seconde journée de travail.

Je le ferais pas, je me sentirais trop bête, ce serait moche, nul.

Mais aujourd'hui j'ai envie de m'arrêter.

samedi 10 mai 2008

Non mais n'importe quoi.

En enfilant ma robe aujourd'hui, je me suis aperçue que je sentais la mûre. Vachement plus que d'habitude.

Je me suis alors rendu compte que j'avais lavé mes cheveux au gel douche et ma peau avec mon shampooing.

Vivement que cette histoire de révision et d'examens se termine, ça va mal.

mardi 6 mai 2008

Dans mon jardin

Dans mon jardin ce matin, j'avais envie de dire :


Bonjour Rhododendron.


Mais aussi : Welcome Azalées.


Chuuutt, les Flora Danica sont en avance...

Et la Glycine... tout juste fleurie :



Comme le pommier, d'ailleurs !



Non non, je ne suis pas partie réviser en Normandie.

mardi 29 avril 2008

22u2.

Au lieu de faire mon travail très très important et très très interessant (remplir des contrats...) je lis des mails restés sur mes boites yahoo créées quand j'avais 13 ans (Internet était quasi entré dans les moeurs déjà, sauf qu'à la place des blogs on avait le ... chat Caramail, dont je me rappelle même mon login et mon mdp, hahahah, ça nous rajeunit pas.) breeff des messages restés dans le dossier brouillons, ou d'autres dossiers parce que je classais ma vie à l'époque.

Bon. Okay, je sais que dans 10 ans je vais relire les sauvegardes de ce blog et je pleurerai aussi mais moins je pense quand même.

Parce que bon, donc j'ai une chain-mail, avec les 100 questions à remplir là, et donc j'y mets que j'ai 16 ans, que j'aime bien Kurt Coben et que je "suis trop in love" de mon mec. De l'époque. Je sais plus qui c'était. Mais j'ai envoyé ce truc à TOUS mes contacts. Siiiiiii.
Y'a aussi des mails moins drôles, des mails nostalgiques de mes copines de mon année de fac d'Angers, qui font bizarres, des demandes de dossiers d'inscriptions à Paris 4, en cursus Archéo quand je pensais encore pouvoir y arriver en présentiel, y'a des mails infâmes d'insultes que j'avais reçus (et gardés pour les re-re-re-relire et faire du pathos dessus pendant 6 mois) et mérités, y'a des mails de B. période post-rupture avec des "ma grande" et autres "t'es comme ma petite soeur", sauf que ça marche pas des masses ce genre de phrase avec quelqu'un que t'as fucké pendant 6 mois tout de même, mais j'avais gardé pour faire comme si on pouvait être amie avec son ex, N'IMPORTE QUOI !
Les premiers mails de Chéri, les explications avec H. et Y., les murs d'incompréhension et l'impression de gachis.

Ca devait être inconsciemment prémédité un coup pareil à la veille de mon anniversaire, histoire de prendre un coup de vieux, de voir le chemin parcouru, de regarder vers la route qui reste à faire. De prendre cette foutue année de plus sans regrets.

Avec encore quelques remords.

Mais sans regrets.