To be or

Je me demande bien à quel moment j’ai commencé à m’inquiéter plus pour le boulot que pour mes résultats d’exams ?
Je ne sais pas.
Le fait est : ça s’est produit.

Sans doute parce que, manque d’activité oblige, on veut réduire mes heures. J’ai dit « non. Pas maintenant, en septembre, à la reprise des cours, là j’aurais besoin de temps, pas maintenant. » Il y a 1 an, ça ne m’aurait rien fait, aucune culpabilité. Parce que je considérais encore que ce que je faisais était alimentaire. Merde. A quel moment j’ai pensé que c’était un vrai boulot ? Qu’il fallait que je garde, que je m’adapte, que je craigne de le perdre ?

Bien sûr, cela me renvoie à toutes ces questions sur le plus tard. Je n’ai pas de projet, je n’ai pas la moindre idée réaliste de ce que mes études feront de moi. Je sais vaguement que je voudrais vraiment que ça tourne autour des bouquins. C’est plutôt flou comme direction.

Je me rends compte que je ne veux surtout pas rentrer dans la case, que je ne veux surtout pas considérer l’intitulé sur ma fiche de paie comme mon métier. A un moment donné, je me suis trop impliquée. Sans doute parce que ce travail est la seule chose où je pensais pouvoir m’impliquer sans me faire mal parce que le reste de ma vie est juste trop flou. C’est raté.

Et à qui parler de tout ça ?
A C. qui a fait des études d’art pour le plaisir avant de faire un métier qui n’a rien à voir ?
A P. qui n’a jamais trop aimé les études et ne se pose pas trop de questions ?
A E. qui est mon amoureuse, ma toute belle, mais qui doit se battre contre ses propres parents pour faire ce qu’elle aime ?
A D. que je considère tellement brillante que j’ai peur qu’elle ne comprenne pas ?
J’ai ouvert ce matin une fenêtre vers Adrien, presque inconnu. La seule chose nous reliant étant nos convictions écologiques. J’aurais voulu savoir s’il avait eu les mêmes doutes, s’il savait où il allait avec son diplôme un peu bizarre, lui dire que si je lui parle à lui c’est parce que j’ai besoin d’objectivité, de conseils, de distance parce qu’aux gens qui me connaissent je suis incapable d’en parler sans pleurer, sans être encore plus terrifiée. Alors j’évite simplement.
Mais je n’ai rien dit de tout ça. J’ai cliqué sur la petite croix en haut à droite

et j’ai regardé la pluie tomber.

2 Comments

  1. Posted 02/06/2009 at 12:27 | Permalink

    Bonjour,

    J’ai découvert votre blog par hasard (je ne me souviens plus trop comment) et je voulais vous dire que ça m’a beaucoup plu.

    Bien à vous,

    Juliette Jourdan

  2. Posted 05/08/2009 at 18:43 | Permalink

    Je sais que tu créera ta place, que tu trouvera ton boulot parfait.
    Je le sais.
    Et c’est une certitude très très ancrée.
    Tu as tout ce qu’il faut pour y parvenir, tu dois juste oser pousser des portes et demander, tu sera surprise de voir que souvent, quand on demande on obtient. Et ça fait du bien :)
    Mais il faut oser demander. :)

Post a Comment

Your email is never shared. Required fields are marked *

*
*