Huître.
Alors, c’est ça ?
Je n’avais pas bien compris le sens des mots débordée, lessivée, no-time, charrette, dépassée, submergée, avant aujourd’hui.
Enfin, avant ces quelques jours.
Toujours aucun accès à aucun cours. Le plus drôle avec télé3, c’est que chaque année on se dit « ça ne peut pas être pire » mais ils réussissent l’exploit de nous surprendre un peu plus l’année suivante. 2009-2010 est apocalyptique. Vous avez déjà vu des étudiants de Master avoir leurs cours au 1er décembre ? 1er novembre, oui, c’est courant, mais 1er décembre ? Vraiment ? On passe de 8 mois de cours (quand on commence en octobre) à 6 mois seulement ? Est-il nécessaire de rappeler qu’on doit soutenir avant le 25 juin et que pour soutenir il faut avoir toutes les notes de séminaires ? Est-ce nécessaire de rappeler qu’il y a 12 séminaires dans l’année ? Laissez-moi faire un calcul, ça fait deux séminaires de 25 pages chacun par mois. Je ne compte pas le mémoire de 60 pages, parce que ce serait mesquin. Alors on travaille, on avance sans cours, on lit des ouvrages, des essais dont on ne sait s’ils nous serviront ou pas. On avance sur ce fameux mémoire qu’on est même pas certains de pouvoir soutenir. J’ai terminé l’avant-projet, j’attends le retour d’une camarade et prends rendez-vous avec mon directeur.
Agacée est un faible mot pour décrire ce que je ressens, je suis excédée de devoir me plier au bon vouloir de fonctionnaires bureaucrates. Je suis en colère, je suis fatiguée, j’ai envie d’avancer. La seule chose qui me faisait tenir dans mon boulot était la perspective d’avoir bientôt à disposition des cours passionnants et stimulants intellectuellement. 2 mois de retard plus tard, j’ai le moral dans les chaussettes.
Alors je jalouse les projets des autres qui se mettent en place, leur petite vie parfaite et enjouée tandis que je grappille chaque jour près de F. deux ou trois heures seulement de bonheur et de repos.
Je crois n’avoir jamais fait pause aussi longue d’interactions sociales. Et plus le temps passe, plus je m’enferme.
Huître.