Ce week-end, j’ai enfin pu lire autre chose que mes essais, mes études, mes analyses… Persuasion de Jane Austen m’attendait depuis Noël.
Vous vous rappelez que j’aime Austen d’amour vrai. J’ai failli faire un cursus en Littérature Comparée pour elle. J’ai lu tous ses romans, parfois en version originale. Je n’avais pas encore lu celui-ci, voilà qui est fait, ou bientôt, j’en suis quasiment à la fin.
Je vous fais le topo rapidement, Anne une jeune fille de bonne famille a bien plus de 25 ans et n’est toujours pas mariée. Elle fut fiancée à Frederick il y a quelques années, mais comme il était de naissance moins haute, le père de la jeune fille a refusé le mariage. Quelques années plus tard, il se trouve qu’ils doivent se rencontrer à nouveau et pendant plusieurs semaines pour cause de relations communes. Anne réussit à se persuader qu’il ne l’aime plus…
Je ne vais pas mentir, j’aime moins ce roman. Habituellement Jane Austen est une reine de la critique sociale de son temps et de la subtilité de ses démonstrations de valeurs morales. Pride & Prejudice, Sense & Sensibility sont des monuments, non pas par leurs intrigues, plutôt banales avouons-le, mais parce que toute leur démonstration, leur enseignement, -celui de refuser l’orgueil, celui d’écouter son coeur, certes un peu mièvre, était subtilement distillé au long du roman.
Ce qui n’est pas le cas ici. On voit les mécanismes de persuasion qui reviennent, lancinants, pas très bien amenés. On sent l’effort, on sent que quelque chose de grand peu sortir mais que rien ne vient. Comme si elle avait tout donné pour ses premiers romans, et elle s’était, avec le succès, relâchée sur ses derniers écrits (Persuasion est publié de manière posthume). L’intrigue est égale à elle-même, et la critique sociale du XIXe est toujours succulente…
J’y reviendrai.