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That’s it.

Vendredi, juin 12th, 2009

Et voilà.
J’ai ma Licence. Fini, fini, fini, pour mieux repartir en Master. Même si c’est compliqué parce que mon DM n’est pas estampillé « Télé3″.
Même si c’est encore plus compliqué parce que je cherche à établir un corpus et que je m’aperçois ainsi que Giono est un auteur qui se lit à voix haute, qui se récite, et je me demande en quoi cela pourrait influencer la dimension sacrée de son oeuvre. Est-ce que je cherche trop loin ?
J’ai du mal à me rejouir, puisque, quelque part, je suis déjà partie loin, passée à autre chose, ce n’est pas que je suis mécontente, mais je n’ai pas envie de me poser pour regarder le chemin accompli, j’avance.

Je ne suis toujours pas convaincue par ici. Le 4 juin a vu le début de ma 6ième année de blog.
Je trouve ça bizarre, j’égrenne des dates, j’ai l’impression que tout ça ne colle pas et d’avoir placé des souvenirs dans des axes temporels erronés.
04/06/03, 18/09/04, les environs de mars 2005, octobre 05, février 06, juin 07, avril 08.
Je fais mes comptes, et puis finalement, tout ça entre bien dans ces 6 ans, qui ont paru être des dizaines d’années.

En tout cas, ça va bouger ici, maintenant que j’ai un peu de temps pour figurer ce que cela va devenir.

Le moment parfait.

Lundi, juin 8th, 2009

Le moment parfait, idéal, c’était hier soir, couchée dans le lit, jambes nues, demi-sommeil, mes pieds qui frottent contre le drap, frais et chaud, la couette épaisse, un sourire béat collé à mon visage, sans même savoir pourquoi, juste parce que ma vie, en ce moment, est juste. Parfaite.
Même sans les résultats.
J’ai.
L’Amour parfait, les amis parfaits, l’état d’esprit parfait, libre, léger, les soirées parfaites, les journées douces et sans heurts.
Une bulle de félicité incroyable.
La sérénité qui se profile, et puis j’avale du Giono au kilomètre pour choisir mon corpus de Master, ça aide.

La vie est belle…

To be or

Mardi, mai 26th, 2009

Je me demande bien à quel moment j’ai commencé à m’inquiéter plus pour le boulot que pour mes résultats d’exams ?
Je ne sais pas.
Le fait est : ça s’est produit.

Sans doute parce que, manque d’activité oblige, on veut réduire mes heures. J’ai dit « non. Pas maintenant, en septembre, à la reprise des cours, là j’aurais besoin de temps, pas maintenant. » Il y a 1 an, ça ne m’aurait rien fait, aucune culpabilité. Parce que je considérais encore que ce que je faisais était alimentaire. Merde. A quel moment j’ai pensé que c’était un vrai boulot ? Qu’il fallait que je garde, que je m’adapte, que je craigne de le perdre ?

Bien sûr, cela me renvoie à toutes ces questions sur le plus tard. Je n’ai pas de projet, je n’ai pas la moindre idée réaliste de ce que mes études feront de moi. Je sais vaguement que je voudrais vraiment que ça tourne autour des bouquins. C’est plutôt flou comme direction.

Je me rends compte que je ne veux surtout pas rentrer dans la case, que je ne veux surtout pas considérer l’intitulé sur ma fiche de paie comme mon métier. A un moment donné, je me suis trop impliquée. Sans doute parce que ce travail est la seule chose où je pensais pouvoir m’impliquer sans me faire mal parce que le reste de ma vie est juste trop flou. C’est raté.

Et à qui parler de tout ça ?
A C. qui a fait des études d’art pour le plaisir avant de faire un métier qui n’a rien à voir ?
A P. qui n’a jamais trop aimé les études et ne se pose pas trop de questions ?
A E. qui est mon amoureuse, ma toute belle, mais qui doit se battre contre ses propres parents pour faire ce qu’elle aime ?
A D. que je considère tellement brillante que j’ai peur qu’elle ne comprenne pas ?
J’ai ouvert ce matin une fenêtre vers Adrien, presque inconnu. La seule chose nous reliant étant nos convictions écologiques. J’aurais voulu savoir s’il avait eu les mêmes doutes, s’il savait où il allait avec son diplôme un peu bizarre, lui dire que si je lui parle à lui c’est parce que j’ai besoin d’objectivité, de conseils, de distance parce qu’aux gens qui me connaissent je suis incapable d’en parler sans pleurer, sans être encore plus terrifiée. Alors j’évite simplement.
Mais je n’ai rien dit de tout ça. J’ai cliqué sur la petite croix en haut à droite

et j’ai regardé la pluie tomber.

La différence.

Mardi, mai 5th, 2009

Ces jours, la vie en pause.
Le ciel gris, qui retient ses orages ou bien le soleil, je ne sais pas trop.

OK, les jours sont faits d’un grand ennui, j’ai le corps chaud, endolori et endormi.
J’aime les mots doux, le thé citron, le lait chaud et sucré. Je ne fais que lire et relire et noter, re-noter, enfouie sous la couverture orange vif de Claire.
J’ai l’impression que le temps a décidé de me faciliter la tâche, pas de grand beau temps pour mes révisions, une météo qui se prête à ma concentration. Et à mes doutes.
Hier soir, un peu de rage, d’abandon, d’incompréhension. De lest.

Je vois comme F. a appris à gérer tout ça, à m’écouter, m’embrasser. Ne pas brusquer les choses, ne pas m’apprendre des leçons de vie. Il faut bien que j’apprenne seule, encore. Il faut bien que j’apprenne.
Et je vois comme, petit à petit, j’ai repris confiance en moi, comme mes doutes passent vite. Comme l’agacement de ne pas y arriver la première fois, fait vite place à l’affirmation je vais y arriver et puis c’est tout. C’est comme ça.
Je ne me laisse plus le choix.
Je m’écoute toujours un peu trop. Mais je ne fais plus dans le pathos à l’infini.
J’en arrive à voir la vie autrement.

Avant je disais je suis heureuse, comme on répète un mantra, pour me persuader, pour me donner la force, mais je ne savais pas.
Aujourd’hui, je suis heureuse.

Et je sais, j’ai vu la différence.

Dulce de.

Mercredi, avril 29th, 2009

Je suis revenue à la crème Nivea. Ça a une bonne odeur d’enfance, comme si j’avais besoin de ça, alors que dans quelques heures je serais sensiblement plus proche du quart de siècle que de la majorité. Puisque ma peau déteste les crèmes sans parabens. Cela me désole. Paraben, ça me fait penser à ‘para bellum’. Si vis pacem, para bellum. Ahah.

On s’en fout.

Je suis revenue au thé citron. Je ne sais pas si j’ai déjà raconté cette histoire, mais mon addiction au citron a commencé il a bien une dizaine d’année, chez ma tante, un soir d’automne où j’avais mal au ventre. Elle m’avait apporté un bol de thé au citron avec des langues de chat sur une petite assiette. Bien sûr, je n’avais pas pensé à demander la marque du thé, bien mal m’en a pris, j’ai passé les 5 années suivantes à tester toutes les marques de tous les thés, doutant même de ma perception et de mes souvenirs et me demandant bien s’il avait été au citron, ou au pamplemousse, ou autre. Un genre de madeleine de Proust. Que j’ai fini par régler en appelant la dite-tante, à bout de patience.
J’en avale des litres maintenant, je vous raconte pas le budget mensuel.

On s’en fout.

Mon conférencier a dit oui pour être mon directeur de mémoire l’an prochain. Il va donc me falloir cesser de procrastiner. En plus j’ai reçu une véritable montagne de Giono à lire pendant les vacances. Chacun sa came.

On s’en fout.

Je voudrais que quelqu’un qui soit parti en voyage me ramène une boule de la ville sous la neige. Je veux un truc kitsch en plus dans ma vie.

Et il pleut.

Va savoir

Mercredi, avril 22nd, 2009

Je n’ai pas trouvé de photo en noir et blanc pour là-au-dessus.

Par contre qu’est-ce que j’aime ce bout de blanc dans tout ce noir, la police Courier New qui blesse les yeux de tout le monde, me donne, à moi, l’impression d’une lettre ancienne. A des inconnus.

J’aime aussi le vide, là, en dessous, enlever le superflu.

C’est un peu comme ma vie en ce moment, qui se vide petit à petit, du qu’en-dira-t-on, des carcans sociaux. Le vernis se craquelle et bizarrement je n’ai pas plus peur que ça.

Va savoir.

Move On

Jeudi, avril 16th, 2009

Aujourd’hui, j’ai envoyé un mail à mon responsable pédagogique pour savoir si y’aurait pas moyen de moyenner qu’il soit mon directeur de mémoire, ou bien qu’il m’adresse à un maitre de conférence qui voudrait bien que je le pipeaute sur le Sacré chez Giono pendant un an.
Ceci dans le contexte universitaire le plus pourri de la dernière décennie, surtout que ma fac est l’une des plus virulentes dans « la lutte contre l’oppression politique » (sic), et donc bloquée depuis le, je vous le donne en mille, 26 janvier dernier. Et que mon responsable pédagogique est dedans jusqu’au cou.
Autant vous dire que j’ai une boule à l’estomac, déjà parce que je fais la démarche (ça prouve que j’ai grandi depuis l’année dernière), et ensuite parce que j’ai peur de me prendre un retour pas piqué des hannetons en pleine tête.

C’est ça, ou alors j’ai faim.

Méga énervée [âmes sensibles, s'arrêter ici]

Mercredi, avril 8th, 2009

Je vois pas vraiment comment cette journée pourrait s’avérer plus pourrie que maintenant avec cette grosse enculerie de bureau de Poste, aux horaires miraculeux 14h30-16h45.

VRAIMENT ? Non non, elle n’est pas ouverte le matin, oui oui il faut poser ton après-midi pour pouvoir aller chercher UN colis parce que non, tu travailles dans la vraie vie et donc tu n’étais pas là pour le réceptionner en premier lieu et non, ce n’est pas ouvert le samedi non plus mais ma parole je me reconvertis en factrice en deux-deux moi aussi c’est trop pump it up comme horaires, je vais tenter de dealer ça avec mon boss.
Lequel m’envoie un sms à 14h05 « que fais-tu ? besoin de toi. » HEY MEK je t’ai dit hier que selon toutes probabilités et alignement de Pluton sur ton cul je serais méga méga en retard à cause de …? cette pute de Poste ! Hurray !
Ajouter à ça mes gros doigts boudinés qui écrivent de la merde en barre, ma motivation de loutre sous tranxène pour bosser mes cours, le bousillage d’un autre de mes pantalons avec de l’eau de javel, les vêtements qui refusent de se plier correctement, OKAY, j’ai compris l’emmerdement est en phase exponentielle et en plus je suis pas en super condition morale pour gérer ça, vu que je suis méga énervée de base sur plein de sujets et que, because carence en magnésium, j’explose les scores de stress de n’importe qui-en position couchée encore.
J’en pleure d’énervement et merci je sais que c’est la faute à pas de chance, je sais que « c’est ballot hein », déjà ce mot n’existe pas dans la langue française et en plus je vais avoir envie de foutre une poutre dans laggle de quiconque prononcera cette phrase conne stupide et béotienne (miam miam les synonymes) et en plus bordel de cul de sa race, je suis méga énervée tendance HULK alors FAUT PAS ME FAIRE CHIER SA MERE §

Putain, ça fait du bien.

La désopilante histoire de l’ennui terrible et implacable.

Lundi, avril 6th, 2009

La mode est au titre long « L’étrange histoire de B.Button », « Les hommes qui n’aimaient pas les femmes », « Jack et le haricot magique », et blablablabla.

Vous savez quoi ? Pendant que je compte les minutes qu’il me reste avant la fin de l’ennui terrible et implacable (soit 59), tout en m’imaginant, dans le désordre le plus complet, engloutir une salade fraiche et verte-olives-coca, des tartines de nutella, un plat de pates thon-mayonnaise (des fusilli et de la mayo maison), arrosés d’un coup de rosé nantais artisanal, ma pomme au soleil sous le cerisier en fleur, je me dis que des compromis j’en ai fais, plus souvent qu’à mon tour, que ça me barbe de plus en plus et basta va cazzo, ça suffit-là.

Voilà.

Not a lack of desire.

Mardi, mars 24th, 2009

Parfois, je meurs.
Comme ça.
Pour rien, ou pas grand-chose.

Ma respiration se bloque, je sens le sang monter jusque dans mes oreilles. Quand je reviens, l’air brûle mes poumons.

Je meurs c’est comme ça. A la descente du train, arrivée gare de L. quand j’aperçois des cheveux bruns courts.
Quand mon nez est dans son cou, à Lui, je meurs avec des crépitements.
Quand je prends mon sac et que je ferme une porte à clef, n’importe laquelle, parce que je n’aime pas les portes fermées.
Quand je trépigne de ce mois de mars qui n’en finit pas, de ce mois d’Avril qui se fait attendre.
Je meurs quand je me fais une orgie de chocolat.

Je meurs quand je cours pour rejoindre Spud qui m’attend quelque part à Montparnasse.
Mes petites morts, noyées dans de l’alcool.