Archive for the ‘Six pieds’ Category

Semaine 4,5

Jeudi, février 2nd, 2012

Faites-moi penser à acheter des gâteaux et autres cochonneries alimentaires pour le travail.

Une partie du job consiste à lire et à analyser, moi ça me donne faim et depuis le temps je n’ai plus de poing.

A part ça je travaille travaille comme une petite fourmi, résultat pas ou peu de lecture (c’est-à-dire 1 livre par semaine, et des petits minuscules), vu que je m’endors enroulée dans la couette comme un nem dès 22h30.

Ce matin j’ai tout de même repris la SF, un beau 400+ pages, lu 150 pages en deux heures, ça n’avance pas fort fort mais ça me plaît.

Je fais des efforts pour mettre les circonflexes sur le i, la paresseuse que je suis en a assez de se faire reprendre par ses gentils correcteurs de mémoire II le retour de la vengeance.

A part ça, il paraît que la litho du salon est tombée hier, un carnage. J’ai passé la matinée dans le canapé j’ai rien vu. Côté troubles de l’attention, ça va impec.

 

 

14 pages sur 100.

Mercredi, janvier 11th, 2012

Selon mes très savants et complexes calculs, j’ai écrit 14% de cette chose qu’on appelle « mémoire » (et que moi j’appelle « machin »).

C’est la débandade, je ne sais plus par quel bout le prendre. Et puis le côté psychorigide me pèse, je sais bien que l’organisation est le seul moyen pour moi d’avancer mais j’ai parfois bien envie de déchirer ce plan en milliers de morceaux.

En plus je me sens vieille avec le cerveau d’une huître sous lexomil qui va avec (en fait c’est surtout ça, parce que j’ai évidemment gardé le physique de mes lointains 18 ans- ce qui n’est pas un avantage capillairement parlant mais on peut pas dire que j’ai des problèmes pour m’habiller.)

J’ai lu un roman de Feist et commencé sa suite et je n’arrive pas à déterminer si je m’ennuie profondément à cette lecture ou bien si c’est complètement addictif. C’est-à-dire qu’une fois dedans je peux le lire plusieurs heures d’affilée mais quand je m’arrête il faudrait me payer pour reprendre (et encore).

Tout ceci ne m’empêche pas de me nourrir quasi exclusivement de tartines au beurre, ce qui me conforte dans mon auto-diagnostic d’obsessionnelle compulsive.

J’en ai marre du noir et blanc.

 

Petite secrétaire

Dimanche, décembre 25th, 2011

Ce n’est pas beau, parfois, la façon dont on se perçoit.

Je ne fais pas souvent attention à ce que je pense de moi-même, je vis, j’avance, je me bats contre certaines choses alors vraiment, je n’ai pas le temps. Et puis, quelque fois cela me frappe, je suis obligée de me regarder et de réajuster l’image que j’ai de moi-même.

Cette semaine, pour des raisons x et y, j’ai commencé une colère sourde. J’en connaissais vaguement la cause, mais il m’a fallu creuser pour tout dégager, et ma pelle et ma pioche ont rencontré mon ego.

Pas très beau le petit bonhomme. Sur les contours il ressemblait à une souris, grosses lunettes, trop maigre, trop fragile, « tout pourri ».

Pas très beau, non, c’est sûr mais il n’avait jamais remporté de prix de beauté. Mais avant, c’était un cador. Avant il courait partout de bouquin en bouquin, il parlait trop vite, il était enthousiaste, passionné – fatigant. Il avait bien conscience de compenser sa mauvaise mise par une belle culture mais se targuait d’être intelligent et équilibré.

La claque quand j’ai retrouvé ce machin qui couinait de pas lui faire de mal, qu’il était gentil, petit et secrétaire.

Je ne suis pas secrétaire. Je suis assistante de recrutement, je m’occupe de mettre en place des missions, je trie des CV, je prends des rendez-vous. La plupart du temps, si les gens obtiennent un entretien c’est grâce à moi. Je n’écris pas de courrier, je n’écris pas de rapports – je me contente de les relire – et j’ai ma propre ligne directe, je ne m’occupe pas d’un standard. Certes, je ne négocie pas avec les clients, je ne fais pas de business, mais globalement ça m’intéresse assez peu. Mais surtout c’est un job à mi-temps qui me nourrit mais qui ne me définit pas.

En revanche, j’essaie d’être une spécialiste dans mon domaine en littérature, je travaille beaucoup pour ça, je lis vraiment beaucoup – ou j’essaie – je regarde beaucoup de documentaires à la télé, j’ai une soif d’apprendre omniprésente, je suis tolérante, joyeuse, j’aime manger, boire et rire et j’écris bien.

J’avais oublié ça et j’ai besoin de me le rappeler et qu’on me le rappelle, parce que je fais peut-être un boulot pas valorisant mais je ne fais pas que ça. Je ne suis pas que ça.

Et oui, je suis gentille, mais pas tant que ça.

Bon, en revanche, pour la taille, je ne peux rien faire.

 

 

Au 109

Samedi, décembre 3rd, 2011

Bien arrivée, bien installée, pauvre comme Job, pas d’Internet.

Le travail a commencé, j’ai un patron très gentil, mais très bavard c’est sans doute son métier qui veut ça.

Au 109 j’ai encore un peu de mal à me sentir chez moi, la faute à tous ces cartons qui traînent encore au milieu de l’entrée sûrement.

Beaucoup de soucis mais j’aime Lyon d’une vive tendresse.

Je pense pouvoir recommencer à écrire, travailler, rapidement, qui sait ? ces jours sans distraction twitter et consorts me permettront peut-être de mieux avancer.

Impossible de lire en revanche, l’intégrale de L’Assassin Royal en quelques semaines m’a laissée sur le carreau, j’en ai soupé de la fantasy mais je n’ai pris que ça et le reste est encore encartonné. Bel-Ami de Maupassant trône à côté des Conan Doyle de F. qu’il a sorti tout premièrement, il est possible que je le lise une centième fois, par ennui et par dépit.

C’est que j’attends les lumignons.

 

Et sinon, on me trouvera là @BlancheAlezan

Cette fois-ci

Samedi, novembre 26th, 2011

C’est la bonne.

On déménage dans quelques jours maintenant, je devrais dire quelques heures même, car deux jours c’est sans doute moins que quelques. Derniers cartons, derniers repas avant de débrancher le réfrigérateur et de prendre la voiture pour les 450 et quelques – toujours- kilomètres qui séparent Paris de Lyon.

J’ai passé 4 ans dans cette maison et mes amis me manqueront, les chiens me manqueront et les habitudes me manqueront et puis je m’en ferai d’autres, du haut du 5e étage exposé plein sud trouvé en plein centre de la ville. Mais, enfin, les amis me manqueront et puis mes chiens aussi.

Lyon sera donc la ville de ma thèse, et j’aborde cette période de ma vie avec soulagement. J’ai poussé l’autre partie de l’équation de façon peut être brutale, j’ai bien conscience que la décision fut prise plus ou moins par moi, pour moi. Pour ma santé qui déclinera de plus en plus désormais et pour l’avenir.

Mais cette fois-ci c’est la bonne donc, j’y suis, j’y reste et le reste… on verra demain.

A propos des liseuses…

Lundi, mai 9th, 2011

Lire d’abord ceci.

Voici un mail adressé à Silphi, qui m’a envoyé le lien cité plus haut.

Je ne manquerais pas de vous faire un update, s’il est d’accord et si jamais il me répond.

« C’est assez intéressant oui, mais je ne suis pas d’accord sur le fait que passer au numérique tue la fonction sociale du livre : je ne prête pas beaucoup mes livres et ne m’en fait prêter aucun, en revanche j’en recommande beaucoup et m’en fait recommander beaucoup. On parle lectures autour d’un café, d’un verre de vin, souvent à l’extérieur des lieux où l’on lit et donc sans accès à sa propre bibliothèque permettant d’aller chercher l’oeuvre mentionnée et de la donner en main propre à l’interlocuteur privilégié. La fonction sociale de la lecture – et par extension du livre- est créée par l’apologie ou la critique mais pas nécessairement par la transmission du support physique.

Enfin pour les liseuses, en bonne chercheuse j’ai évidemment noté les limites du format (impossibilité d’exporter un index de citations, impossibilité pour l’instant de faire correspondre une édition papier avec une édition numérique, ce qui pose des problèmes lors de citations des sources) certes mais j’y ai aussi trouvé un énorme avantage : certaines de mes sources sont épuisées en version papier et leur diffusion est tellement confidentielle qu’il est impossible qu’elles soient rééditées un jour. Leur mise à disposition numérique permet de les consulter quand même. Qui plus est, je peux mettre autant de « marque-page » que je veux, sans ruiner mon édition, les renommer afin de savoir quel est l’intérêt de les avoir « marquées », elles sont accessibles d’un clic et je peux également ajouter des notes ou des réflexions personnelles sur l’instant même de la lecture – impossible à pratiquer sur un livre papier – la marge est insuffisante et il faut avoir un carnet de note à côté de soi, soit deux supports physiques au lieu des deux fonctions réunies dans un seul. Alors oui, il y a des améliorations à apporter dans cette fonction d’outil scientifique potentiel, mais on trouve toujours des solutions en attendant… »

Tout ça pour dire que j’ai eu un FNACBook pour mes vieux jours. (à moi la crème anti-rides !)

Les heures blanches

Mercredi, mars 23rd, 2011

Tu sais, ces heures où tu as dépassé ta fatigue, ta nuit blanche, le manque de tendresse, nos déceptions inévitables.

Ces heures où tu as depassé la tristesse, les sentiments doux-amers. Tu pourrais travailler des heures, tu ne voudrais pas t’arrêter, les heures blanches sont faites pour ça, le dépassement de soi.

Les heures blanches sont longues, elles s’étirent, comme autant de relations sociales distendues, essaim de présences sans se sentir proche d’aucune.

Les heures blanches sont parfois improductives, j’hésite entre mes lectures et écrire, au final je chantonne, je n’arrive pas à penser, ou je ne pense qu’à ça, je ne sais pas.

« Ouvrez la parenthèse, important mais pas grave, fermez la parenthèse. »

 

 

Des minutes qui s’égrènent et autres poncifs

Jeudi, mars 3rd, 2011

Tic. Tac. L’horloge bouge son aiguille vers la droite. Je ne peux pas dire que je compte les minutes, ce serait trop « cliché » mais je suis contente de sentir le soleil se lever, dans mon dos.

C’est peut-être à force de travail et d’analyse de textes que les littéraires ont du mal avec les poncifs, ce qui est plutôt paradoxal. On en voit trop défiler, on nous apprend à nous méfier. Pourtant, si la métaphore est devenue si facile, c’est qu’elle fut un jour percutante de justesse. Les clichés sont des clichés parce qu’ils sont vrais. La phrase n’est pas de moi et elle est sûrement approximative mais. Tu vois.

Sèche-Cheveux (qui volent donc).

Je veux dire même ; « de tout temps l’Homme » a dû sembler être une bonne idée, sûrement, un jour. Oui, quatre verbes à la suite, je n’ai pas peur de ça.

On en arrive au moment où je te dis pourtant que je place « les minutes s’égrènent » au même niveau que « de tout temps l’Homme », parce que je suis formatée par ma formation et pourtant en entendant tic-tac, j’ai pensé que, sans aucun doute, les minutes s’égrènent vois-tu.

Mais j’avais peut-être juste l’envie d’écrire aussi. Qui sait ?

Mort étrusque

Samedi, février 26th, 2011

Vous avez vu, ça a changé ici. J’aime bien. J’aime bien que ce soit écrit tout petit. Comme mes avis.

Si je suis sérieuse c’est l’heure de mon récapitulatif du mois, du genre j’ai lu des trucs pas-que-sérieux aussi, ce qui fait que j’ai tenu ma résolution. Le « Des horizons rouge sang » de Lynch et « Demian » de Herman Hesse, recommandé par Audrey que je remercie parce que c’était chouette et j’en suis aussi à la moitié du « Loup des Steppes » du même auteur et c’est toujours très bien. Un style très classique des années 1920-30 mais une fraîcheur dans les idées, une belle clarté dans le propos. J’ai un gros Tariq Ali qui m’attend, bientôt.

J’ai lu beaucoup d’articles pour G., un fascinant mémoire sur l’utopie, un torchon d’historien frustré et là j’ai commencé « Les règles de l’art » de ce cher Pierre Bourdieu, et d’autres articles sur le plurilinguisme, je mélange tout, ce qui fait que je fais tout à l’envers, plus ou moins, tant pis.

Parce qu’en fait je n’ai pas envie de faire cette liste, je ne veux pas écrire sur ça, je ne veux pas faire le bilan des choses que j’ai faites ou des choses qu’il me reste. J’ai envie de m’asseoir avec toi sur un bout de canapé et d’en parler calmement, j’ai envie de te raconter des bouts de ma vie par intermittence, que tu me racontes des bouts de ta vie, je veux qu’on parle de nos lectures futures, de nos attentes, j’ai envie d’apprendre de mes livres et j’ai envie d’apprendre de toi – qui que soit ce « toi », mais principalement mes amis quand même.

Je sais que je ne reprendrai jamais un rythme normal de publication ici, par manque de temps et puis aussi je préfère parler qu’écrire, j’ai toujours préféré parler. Avant j’écrivais parce que je n’avais personne à qui parler mais maintenant ça va, j’ai appris à me taire, j’ai appris à taire. Alors mon manque de sommeil évident et ma solitude virtuelle ce soir ne sont sans doute pas étrangers à cet épanchement scriptural, ce qui me conforte dans mon choix de ne pas devenir écrivain, au delà de mon flagrant manque de style d’une platitude pathétique, il faudrait que je devienne une asociale accro à la caféine  pour pouvoir être productive. Comment croyez-vous que j’ai écrit mon premier mémoire ?

Enfin, ce qui me rassure, c’est que vous n’êtes pas bien nombreux à rester me lire. Du moins, je l’espère pour vous.

Janvier

Samedi, janvier 22nd, 2011
Lectures de Janvier :
  • Batailles dans la montagne, Jean Giono
  • Le poids du ciel, Jean Giono
  • Refus d’obéissance, Jean Giono
  • Les filles du feu, Gérard de Nerval
  • Univers de la fiction, Thomas Pavel
  • Métalepse, Gérard Genette
  • Le mystère chez Marie de France, Jeanne Wathelet-Willem
  • [Toujours en cours] Ulysse, James Joyce

Si l’on exclut Ulysse sur lequel j’avance péniblement et Les filles… de Nerval que je relis en boucle depuis 3 ans, on s’aperçoit nettement que ce mois de Janvier fût studieux. Je ne manque pas de fictions « détente » pourtant, la pile au dessus de ma tête de lit ne cesse d’augmenter en hauteur comme en longueur, mais je manque de temps, tellement… S’il y a moins de cours, ils demandent plus d’énergie, et mes horaires à 45h/semaine au boulot n’aident pas vraiment.

En février, on essaiera.