Archive for the ‘Six pieds’ Category

Pour ne rien dire.

Lundi, janvier 11th, 2010

Je profite d’une échappée pour vous souhaiter mes meilleurs voeux pour cette nouvelle année ; il n’est pas trop tard.

Après un mois de décembre impossible – rendre Lagarce, rendre Féval, rendre mon plan détaillé de mémoire, voici un mois de Janvier allégé, quelques pages de bibliographie commentée, et une quinzaine d’autres sur l’Ironie à la Renaissance.

Bizarrement, malgré le stress -enfin, la peur d’échouer- je n’ai jamais autant apprécié mes études que cette année. C’est stimulant de travailler à fond un sujet et non plus de survoler comme on le faisait en licence. Enfin, je ne sais pas pour les autres filières, je ne parle que pour moi, et encore  ! circonscrite à Paris 3.

Je ne suis pas très présente, le manque de temps, le manque d’envie, des tas de projet quand mes cartons qui attendent la fin juin pour être réalisés.

J’ai eu une période pas très agréable, que j’ai passé à me plaindre, mais c’est fini.

Un ami, d’il y a longtemps, disait que la vie est pleine de possibilité.

Ce n’est pas parce que c’est cliché que ce n’est pas vrai.

Les romans-feuilletons 1

Vendredi, décembre 4th, 2009

Je n’ai plus de vie. Je ne dors pas beaucoup et je gonfle. Le stress et aussi l’alimentation décousue prise à la va vite devant l’écran de l’ordinateur. Je bois beaucoup trop de thé.

Si on m’avait dit qu’un jour je passerais plus d’une semaine sans aller boire une bière avec les copains, je ne l’aurais pas cru. Ben ça fait exactement 18 jours.

Plan détaillé de Lagarce terminé. J’attends un peu avant la rédaction, et je ne le mets pas en ligne, Google et ses mots clés associés, pas que je ne voudrais pas aider un étudiant dans le besoin, mais le lien serait très vite fait encore ma personne et ce blog. Et je suis trop vieille blogueuse pour ne pas croire encore à l’anonymat de ce « média ». La part de mystère, la part de protection nécessaire.

Je découvre les romanciers populaires du XIXe, les romans feuilletons. C’est cela qu’il faudrait nous faire lire au collège, en lieu et place des indigestes Hugo et Balzac de la même période. Du coup j’ai commandé deux Paul Féval supplémentaires et même les Mystères d’Eugène Sue (1300 pages !) qui seront pour Fabien. Les romans de cape et d’épée intéressent beaucoup plus les adolescents (et les adultes !) que les critiques sociales habituelles, pourtant les romans-feuilletons sont aussi bien écrits, autant documentés, et traitent des mêmes thèmes. Cela n’a rien à voir avec la littérature de masse actuelle et pourtant c’était lu par tout un chacun à la fin des années 1800 !

Je ne sais pas comment remercier mon adorable « mari » qui me soutient tous les jours, m’emmène diner dans de petits restaurants intimistes -où la nourriture et le vin sont succulents- pour me changer les idées, m’écoute parler sans cesse de mes travaux en cours, se passionne quelque fois (ou fait bien semblant), me fait rire, bref, qui veille sur moi mieux que jamais.

Bonne semaine !

Ebauche de plan Lagarce

Jeudi, novembre 26th, 2009

Le plus évident, ce que j’appellerais « l’accouchement » difficile de la parole, montrant les personnages hésitants dans leur dialogue, leur recherche du mot juste. L’accumulation d’hésitations et de reformulation aussi, qui peut dérouter le lecteur/spectateur, voir le perdre, le faire « décrocher ». La parole semble aussi douloureuse à émettre qu’à entendre.

Ensuite,  paradoxalement, malgré cette démarche du « dire juste », les personnages n’arrivent pas à éclaircir le « canal linguistique ». Ils « disent mal » car « dire juste » n’est pas toujours « dire bien ». Comment et pourquoi les mots chez Lagarce dès que les personnages, les dialogues approchent d’une vérité, d’une sincérité sont perçus différemment, négativement, par les destinataires. Il faudrait voir l’inefficacité de la parole entre les personnages (Antoine vs Suzanne, Louis vs Antoine, Antoine vs tout le monde à la fin de la pièce).

Finalement la conclusion que les douleurs du dialogue chez Lagarce sont peut-être les douleurs de l’intime, de la pudeur. Qu’arriver à exprimer ce que l’on ressent, dans la limite de cette pudeur, avec la recherche du mot juste, est toujours douloureux, quelque soit la perspective où l’on se place et où la parole prend place, dans le dialogue ou le monologue, car s’avouer certaines choses n’est pas non plus aisé.

Le silence et le non-dit qui prédominent dans la pièce.  Le mutisme de Louis et l’échec de la parole entre les personnages s’expliquent assez bien par les petites phrases assassines qu’ils ont les uns envers les autres. Suzanne dans son « trop-plein de paroles », et Antoine dans sa moquerie ironique perpétuelle participent à l’enfermement de Louis, qui n’est plus seulement dans la douleur de l’énonciation de la parole (la pragmatique du dialogue) mais dans la difficulté de ne pas savoir quoi répondre à l’avalanche de reproches proférés. Le long cri retenu de l’épilogue marque la vie entière de Louis, mais semble s’appliquer aussi à ce dialogue de sourds. Le peu de paroles adressées par Louis à sa famille ne l’a pas pour autant soulagé, il a échoué à pousser « un long et joyeux cri » et il reste avec ses regrets, la douleur de n’avoir rien dit.

Huître.

Mercredi, novembre 25th, 2009

Alors, c’est ça ?

Je n’avais pas bien compris le sens des mots débordée, lessivée, no-time, charrette, dépassée, submergée, avant aujourd’hui.

Enfin, avant ces quelques jours.

Toujours aucun accès à aucun cours. Le plus drôle avec télé3, c’est que chaque année on se dit « ça ne peut pas être pire » mais ils réussissent l’exploit de nous surprendre un peu plus l’année suivante. 2009-2010 est apocalyptique. Vous avez déjà vu des étudiants de Master avoir leurs cours au 1er décembre ? 1er novembre, oui, c’est courant, mais 1er décembre ? Vraiment ? On passe de 8 mois de cours (quand on commence en octobre) à 6 mois seulement ? Est-il nécessaire de rappeler qu’on doit soutenir avant le 25 juin et que pour soutenir il faut avoir toutes les notes de séminaires ? Est-ce nécessaire de rappeler qu’il y a 12 séminaires dans l’année ? Laissez-moi faire un calcul, ça fait deux séminaires de 25 pages chacun par mois. Je ne compte pas le mémoire de 60 pages, parce que ce serait mesquin. Alors on travaille, on avance sans cours, on lit des ouvrages, des essais dont on ne sait s’ils nous serviront ou pas. On avance sur ce fameux mémoire qu’on est même pas certains de pouvoir soutenir. J’ai terminé l’avant-projet, j’attends le retour d’une camarade et prends rendez-vous avec mon directeur.

Agacée est un faible mot pour décrire ce que je ressens, je suis excédée de devoir me plier au bon vouloir de fonctionnaires bureaucrates. Je suis en colère, je suis fatiguée, j’ai envie d’avancer. La seule chose qui me faisait tenir dans mon boulot était la perspective d’avoir bientôt à disposition des cours passionnants et stimulants intellectuellement. 2 mois de retard plus tard, j’ai le moral dans les chaussettes.

Alors je jalouse les projets des autres qui se mettent en place, leur petite vie parfaite et enjouée tandis que je grappille chaque jour près de F. deux ou trois heures seulement de bonheur et de repos.

Je crois n’avoir jamais fait pause aussi longue d’interactions sociales. Et plus le temps passe, plus je m’enferme.

Huître.

Discourse analysis & other stuff

Mercredi, octobre 21st, 2009

J’ai des semaines étranges.

Bon, je bosse beaucoup le matin, mais je dois avoir un taux de concentration limitée, le soir, une fois rentrée à la maison (motivée) je mange, et là, j’ai juste envie de me mettre dans mon lit et que la connaissance vienne à moi par magie.

Sans compter que, notre inscription à nous Master est reportée à début novembre, vaste blague de l’administration et mon directeur de mémoire est en mode « va petit scarabée, vole de tes propres ailes », donc je suis totalement livrée à moi-même.

Bref.

Je bosse sur l’analyse de discours de transmission des connaissances, plutôt très sympa. J’ai un peu peur qu’on nous oblige à choisir un corpus de vulgarisation scientifique, vu que le cours porte essentiellement là dessus. Moi, ce qui me brancherait vraiment (quitte à faire de la linguistique, autant prendre un truc qui nous attire, n’est-ce pas ?) ce serait un corpus politique, genre « Évolution des pratiques langagières du FN de 2002 à 2009″. Je sais, comme ça, ça semble un peu rébarbatif mais franchement entre ça et « Analyse de l’émergence du mot Trottinette » (ne riez pas ça existe) bon, le choix est rapidement fait.

En parallèle un peu de Giono, surtout des études sur les rites, les initiations, les perceptions sociales du sacré et du profane. Quasi que du Mircea Eliade. Ensuite, encore trois lectures d’Essais, un rendez-vous de visu avec le fameux directeur, un planning.

Les premiers rendus de séminaire ne sont plus si loin, finalement.

Je me motive avec le projet d’aller deux grosses semaines à Montréal une fois la soutenance passée, fin juin. Ce n’est que dans 7 mois après tout….

Les Corps Furieux

Dimanche, octobre 11th, 2009

Parfois le corps se venge.

Le mien me lâche totalement, ne lutte plus contre le venin des piqûres d’araignée qui parcourent mon bras, m’oblige au Zyrtec qui fait battre le sang à mes tempes.

Il dort aussi, beaucoup, trop, il a froid, il a mal, pour tout, pour rien.

A force de tirer sur la corde,  force de se triturer le cerveau, à force de ne pas faire attention, à force.

Alors je fais une longue pause, je reviens.

I’m glad you’re here.

Vendredi, octobre 2nd, 2009

Soooooo.

Désolée du long silence mais il n’y a pas grand chose de neuf. Nous sommes le 2 octobre et les inscriptions pédagogiques ne sont toujours pas ouvertes. Ca ne m’empêche pas de bosser comme une folle, certains cours ne changent pas d’une année sur l’autre et je les avais récupéré en avance. Et je ne peux pas me permettre de perdre du temps, je n’ai que 10 mois devant moi et un programme impossible.

Pour ceux que cela interesse, here we go :

Semestre 1 :

- un séminaire de sémantique : Analyse du discours, transmission de la connaissance (25 pages à rendre)

-un séminaire de littérature : Les romans populaires du XIXeme (25 pages à rendre)

-un séminaire de théâtre : Jean-Luc Lagarce (déjà évoqué ici) (25 pages à rendre)

-un cours magistral : théories poétiques (15 pages à rendre)

-un cours magistral : méthode de recherche (15 pages à rendre)

-un cours magistral : sociolinguistique (15 pages à rendre)

Semestre 2 :

-un séminaire de littérature : Aspects du romanesque au XXieme (25 pages à rendre)

-un séminaire de littérature : Ironie à la Renaissance (25 pages à rendre)

-un cours magistral : Analyse du discours (15 pages à rendre)

-un mémoire (50 pages à rendre)

J’avoue qu’aujourd’hui, encore groggy de ma seule soirée de la semaine (prenez un Pierrot, des bières et une Magrat frustrée de la vie sociale, secouez, laissez « dormir » et admirez le résultat), cela me parait impossible….

Bon ok, ça me parait impossible tout court. Tous les jours. Mais, well, la vie est un challenge.

Je crois que je commence vaguement à cerner le sujet.

Lundi, septembre 14th, 2009

P1000950

Bibliographie sommaire

Mais ça me coûte des sous, du temps (avec parfois l’obligation d’appeler directement l’éditeur pour pouvoir trouver une référence totalement disparue des stocks des libraires -il faut ce qu’il faut), un max de médicaments contre la nausée (lire dans le bus est une très mauvaise idée.) et de la place sur ma table de nuit.

Sans compter ma tranquillité d’esprit et ma confiance en moi (partie faire la fête seule à Acapulco si vous voulez mon avis), mais c’est une autre histoire.

« Les spéculations purement intellectuelles dépouillent l’univers de son manteau sacré. »*

Dimanche, septembre 13th, 2009

Le dimanche soir j’ai toujours des petites tristesses et des petits bonheurs.

La balade de fin d’après-midi, le thé chaud, la couette, radiateur électrique-parce-qu’il-ne-fait-pas-encore-assez-froid-mais-si-quand-même, et ce calme, ce calme qui envahit la maison et me fait dévorer des livres.

Et puis, je m’aperçois que c’est l’automne, que je n’ai plus de thé à la mirabelle, que E. n’est pas dans le lit à côté de moi, ses longs cheveux chatains qui s’emmêlent, à me murmurer des mots doux, que j’ai froid, et que le temps me manque d’être intense et entière.

Et ça me passera, comme à chaque fois.

*Cit. Jean Giono in Les Vraies Richesses, préface.

Happy to see you.

Mercredi, septembre 9th, 2009

Je parle à ma motivation.

« Pars-pas, continue comme ça, bouge, on peut le faire. »

J’avance, bon gré mal gré, tous les matins je suis sur le pont à 9h00 après le petit dej’ avec Chéri (certaines choses changent). Je ne m’autorise rien, et puis quoi encore ? sauf ma sempiternelle tasse de thé.

Lu deux pièces de J-L Lagarce, interessant d’un point de vue de l’étude, joué, je ne sais pas, il faudrait voir si certaines tournent à Paris en ce moment. Juste la fin du monde est une pièce quasi versifiée. Le rythme est scandé, il faudrait voir le découpage de la pièce mais il y a déjà un intermède, c’est rare, pendant l’une des scènes j’imaginais un noir et juste une coureuse sur les deux personnages. Le pacte spatio-temporel par ailleurs n’est pas respecté,  je me suis perdue dans les différents temps d’actions et de paroles. Du coup, je pense plus étudier Nous les Héros, elle offre une mise en abîme importante, les acteurs jouent une famille d’acteurs de théâtre au rabais, moins de chichis de temps et plus de rapports subtils entre les personnages – on devine plutôt que l’on ne sait que deux d’entre eux sont amants, et le héros Raban se fiance comme il part à la guerre, déprimé, fataliste et pessimiste… tout pour me plaire.

Il me reste encore Du Luxe et de l’impuissance, mais ce n’est pas pour l’étude, je vais essayer de cerner le reste de son œuvre et ensuite un essai sur le théâtre classique du XX siècle, parce que je n’ai absolument aucune base, j’adore aller voir et écouter des pièces (surtout Racine), mais les étudier et les analyser, kaput, le vide, le néant absolu.

Cela devrait être fini d’ici la fin de la semaine, si je garde mon rythme, samedi au plus tard. Une nuit de sommeil par dessus et je pourrais choisir mon sujet et attaquer la chose (prendre de l’avance, c’est la clé.)

A vite !