-Intermède 2, j’ai menti-

août 30th, 2010

J’ai honteusement menti.

Je n’ai pas le temps, pas l’envie de vous faire le billet promis sur les livres lus pendant mes vacances. J’ai écrit quelques lignes à un ami sur ceux-là dans un mail, mais ça ne serait pas honnête de ma part de vous les recopier ici, non ?

La raison première est vraiment le manque de temps. C’est la rentrée, la reprise, bientôt l’automne et ses feuilles orangées, le thé à la mirabelle. Entre l’envie d’un travail à temps plein et mes recherches de M2 qui reprennent de plus belle (ça se met en place dans mon cerveau, oh, tout doucement, j’ai de vagues idées directrices, des envies, plein de questions, mais c’est toujours mieux que juste LE sujet écrit en haut et en gras de la page de mon moleskine), je suis un peu éparpillée (enfin non, mais ces deux tâches là me prennent toute ma concentration).

La seconde raison est ma fatigue chronique, qui se fait toujours très impérieuse aux changements de saison – je vous épargne les plaintes sur mon dos. Je vais donc passer beaucoup de temps à dormir – j’espère. Le peu d’énergie qu’il me reste étant consacré à mon utopie politique gionienne donc.

Mais je vous raconterai.

-Intermède-

août 18th, 2010

Cela ne s’est peut-être pas vu, grâce à la magie des billets préprogrammés, mais je rentre à peine de Crète et je suis épuisée par le voyage (quelques 2 heures de retard) mais je tenais néanmoins à écrire un semblant de billet. Surtout pour me rappeler d’écrire en réalité.

J’ai beaucoup lu pendant cette semaine au soleil, parcouru beaucoup de kilomètres également. En somme, ce fut une semaine de voyage réel et fictionnel.

Outre le dernier Pratchett, Nation, j’ai aussi élargi ma culture XXIème à la littérature anglo-saxonne et américaine grâce aux conseils de ce Diable de C. en lisant Jack Barron et l’éternité de Norman Spinrad (roman d’anticipation particulièrement intéressant, malheureusement une traduction parfaitement affreuse), Stone Junction de Jim Dodge (magistral malgré quelques erreurs de construction) et enfin L’affaire Jane Eyre de Jasper Fforde (beaucoup moins complexe que ce que j’attendais, mais tellement plus élaboré qu’un simple polar). Je ferais un article commun à ces 4 romans dans la semaine.

Pour le reste, je vais de nouveau m’atteler aux choses sérieuses dès demain : c’est l’heure de reprendre les recherches, j’ai tout le Journal et les Écrits Pacifistes à lire (dois-je vraiment préciser que je parle de Giono ?), un gros pavé sur l’utopie, des prises de notes à ordonner, un sujet à définir de manière plus précise, des mails à envoyer à mes directeurs de recherche pour approbation du même sujet et discussion de bibliographie, des séjours en bibliothèques à effectuer, des photocopies, des batailles avec l’administration… Bref, il est temps de se préparer à la rentrée – une de mes périodes préférées de l’année – avant d’être débordée par mon nouveau travail en novembre.

Moby Dick – Melville

août 11th, 2010

« Ne jamais se mettre entre Achab et sa baleine » est une phrase que j’ai parfois entendu. Je savais que cela faisait référence à Moby Dick de Melville, sans jamais pourtant avoir lu ce livre, comme quoi parfois certains personnages sont si forts qu’ils entrent dans la culture collective. Enfin, « si forts », je vais sans doute un peu vite, personnellement, j’ai trouvé la psychologie des personnages – surtout d’Achab- plus que limitée. J’ai parfois eu l’impression de ne lire qu’une suite d’évènements sans intérêt et sans queue ni tête, sauf peut-être celui de montrer que la recherche de la grande baleine est longue et fastidieuse et la vie des hommes à bord, dure et parfois cruelle. Cette dite baleine est chassée par le Capitaine Achab car elle lui a un jour arraché la jambe alors qu’il tentait de la tuer. Depuis, il la traque sans relâche, sa jambe de bois ingénieusement arrimée au pont du bateau.

Certes, j’ai ressenti moins d’ennui que pendant la lecture du Vieil homme et la mer, le vocabulaire marin est simplifié et fait « vrai » mais néanmoins, l’impératif de la quête d’Achab, son obsession qui tourne à la folie, n’est pas bien démontré. De plus, d’un narrateur en focalisation interne (c’est un de ses marins qui parle à la première personne) pendant les 2 tiers du roman, on passe à un narrateur complètement omniscient lors de la fin du roman. Melville s’en sort par une pirouette dans l’épilogue mais cela n’empêche pas de déceler des ficelles un peu trop grosses. Encore une fois, c’est un livre, je pense, à réserver à la jeunesse. (Mais j’avoue que cela suffit, j’ai eu ma dose)

Enfin, Giono était un grand admirateur de Melville (lui ayant même consacré un ouvrage), je ne pouvais donc rester sans avoir lu ce qui est considéré comme son chef d’oeuvre. Voilà qui est chose faite, et si je ne ressens pas le besoin de pousser l’analyse, l’ensemble fut plaisant.

Les Lais – Marie de France

août 8th, 2010

Les Lais de Marie de France sont un des classiques du Moyen-Age, mais je ne m’y étais jamais plongée. Je n’y avais jamais été encouragée non plus, jusqu’à ce qu’ils entrent au programme de Master l’an dernier. Je n’étais alors pas totalement convaincue de vouloir m’engager dans autre chose que du XXième siècle et j’ai donc écarté ce cours. Après avoir vu Isa se battre et se débattre avec ces fameux Lais tout en restant totalement enthousiaste (et comment ne pas l’être, c’est sa période privilégiée), je me suis dit que je ne pouvais tout de même pas mourir idiote.

Contrairement à ce que je pensais, ces (très petites) nouvelles rassemblées selon les historiens par une certaine Marie de France (c’est-à-dire d’Ile de France) sont très accessibles. La traduction en français moderne aide grandement, c’est certain (encore que quand on a lu toute la Première Continuation du Conte de Graal en moyen-français pour une UE de licence, le reste devient facile…). Pour la plupart, les Lais sont issus de la tradition orale Bretonne (et par cela on entend à l’époque l’Angleterre) – même si quelques uns étaient déjà rédigés en saxon ou en latin, Marie de France se « contentant » alors simplement de les traduire. Ils narrent tous des histoires d’amour, qui semblent très simplistes à première vue, mais il ne faut pas mépriser les contemporains de Marie de France : l’époque n’est que symbolismes et exempla. Entre l’enfant de l’amour qui vengera sa mère et le chevalier qui s’éprend de la femme de son roi, les diégèses sont aussi vastes que la distance temporelle que l’on a avec cette époque. Et pourtant, si j’avais parfois l’impression de lire de la littérature de jeunesse (le côté chevalier en armure, sans nul doute), il n’en reste pas moins que les thèmes traités sont très adultes, et surtout très « réfléchis ». Il ne s’agit pas d’historiettes traduites ici pour distraire. Leur portée va plus loin et notamment l’incursion récurrente de topoï du merveilleux est ce qui en fait une matière riche à analyser.

Je n’ai pas encore lu les ouvrages critiques, ni le cours à proprement parler, mais il me semble que le relevé systématique et analytique des motifs (la structure narrative notamment) est une bonne piste vers laquelle aller. Ou encore regarder de plus près, justement, la portée éducative des Lais (qui me rappelle par bien des façons les Histoires Tragiques de Rosset ou de Boaistuau, encore que dans un cas il s’agit principalement d’amour, et que dans l’autre de meurtres sanguinaires, mais cela n’empêche pas les mécanismes d’être les mêmes). J’ai eu la grande chance, qui plus est, de lire le mémoire d’Isa sur les Continuations, et même si les Lais en sont bien différents par beaucoup d’aspects, cela m’a donné envie d’étudier un peu plus de Moyen-Age.

Solitude de la pitié – Giono

août 1st, 2010

Je ne sais pas lire Giono autrement qu’à voix haute, à la première lecture. Je ne sais pas faire autrement, c’est impératif, la puissance de son verbe, le rythme, tout ceci me force à me lever, à le parler. Doucement, sans le déclamer, mais il faut du son pour Giono, pour en saisir la portée. Cela fait donc bien longtemps que mon entourage ne s’étonne plus de me voir faire des allers-retours dans le salon, marmonnant, mon pléiade à la main, attention au papier bible…

Solitude de la pitié est un recueil de nouvelles, des tranches de vie plutôt, une page ou deux tout au plus, un monde rural, la cruauté de la terre, les forts caractères des hommes. Des chroniques du quotidien, des légendes urbaines de meurtres, un naturel déconcertant. Giono se met plus que jamais en scène, on rapporte beaucoup à « Monsieur Jean ».

Les nouvelles sont souvent noires, mais certaines sont solaires. C’est un écrivain qui a un don, le don, de raconter des mystères insondables sur le coeur et l’âme des hommes et de pourtant nous les faire comprendre, nébuleusement. Je n’ai jamais compris, mais à chaque fois que je referme un de ses écrits – romans, correspondances, nouvelles – j’ai l’impression d’avoir plus appris sur la nature humaine qu’en des soirées entières de confidences analysées et décortiquées. Quoi qu’il en soit, il ressort du recueil un sentiment particulier, la certitude que la pitié n’est pas toute mauvaise, que la solitude peut être source de bonheur (il touche forcément là une corde sensible dans mon autisme patenté). Qu’être coupé du monde ne veut pas dire être pitoyable, que certains sont ainsi désespérés mais d’autres plus heureux que jamais. Le choix de l’âme.

Je suis difficilement objective sur cet auteur, je le serai toujours difficilement, et malgré mes recherches qui ne portent pour l’instant que sur lui,  (on y reviendra, car Henri Troyat reste là, dans un coin de ma tête, et si ce n’est pas lui, ça sera un autre mais j’écrirai sur un russe, c’est une certitude) j’ai encore du mal à analyser certains de ses textes. Je crois que c’est l’envie qui m’en manque, je veux garder certains écrits comme des bijoux, je sais trop comme l’analyse littéraire systématique peut parfois détruire un élan.

Si vous n’avez pas lu Giono, pas lu Un roi…, ou le Hussard – lisez Solitude de la Pitié.

D’autres vies que la mienne – E. Carrère

juillet 3rd, 2010

Je ne saurais dire de quel type d’oeuvre relève D’autres vies que la mienne d’Emmanuel Carrère. Certainement pas du roman, car il n’appartient pas au genre fictionnel, certainement pas de l’autobiographie… Alors quoi ?

Alors rien, le livre est atypique et l’on n’inventera pas une catégorie pour lui. J’avais l’impression parfois de lire un blog, des morceaux de notes éparses mais liés par une alchimie magique qui faisait que l’ensemble fonctionnait, fonctionne. L’écriture, le style est fluide, facilement accessible.

Le fond, l’histoire de deux pertes, celle d’un enfant pour ses parents, l’histoire de la perte d’une mère pour ses enfants et sa famille, est somme toute banal mais extrêmement bien traité ; sans pathos ou mièvrerie. La mort n’est pas vécue de l’intérieur, elle est racontée, presque scénarisée, désensibilisante à l’extrême.

C’est la forme qui m’a le plus enthousiasmée. Les intertextualités sont légions, explicites ou implicites, la quantité de référence auxquelles Carrère fait appel dépasse de loin l’entendement, comme s’il justifiait, légitimisait la narration de ces deux histoires sans cesse. Comme si ses sources bibliographiques – car il y en a, sans nul doute, du travail de recherche là-dessous- étaient intégrées, faisait corps avec son récit. Carrère convoque des classiques, des spécialistes, des « garants de caution ».

Et puis, ce qui est interessant, c’est la portée métadiégétique de l’œuvre. Le titre D’autres vies que la mienne est un semi-mensonge, Carrère se livre et se raconte énormément dans son livre, mais surtout il raconte sa façon de travailler. La posture de l’écrivain, sa place dans le monde, sa mission, l’endroit de l’écriture… tout ceci n’est pas abordé de manière frontale mais se fait tout de même une place de choix dans l’ouvrage. Et finalement, si le genre n’est pas fictionnel, si les histoires racontées ne sont pas romanesques, l’écrivain, lui, l’est incontestablement. Ce serait vraiment à étudier de plus près…

Quelques longueurs sur la fin du livre, on voudrait se débarrasser des derniers récits de ceux qui « restent » après la mort, parce que finalement l’œuvre raconte plus ce qu’il reste, ce qu’il se passe « après » que la mort elle-même, mais la somme est, à la fin, indigeste. La conclusion, enchâssement explicite de l’histoire de l’écriture dans l’histoire des morts (la fameuse métadiégèse) est plus ou moins inutile… J’aurais aimé laisser ouverte la possibilité que ce soit de la fiction, ou de l’auto-fiction. Laisser planer le mystère, rester dubitative, questionnée, intriguée. Je ne dois pas aimer les portes qui se ferment.

Le livre en tout cas, laisse l’impression d’une œuvre mature, aboutie, bien construite, maitrisée.

Un exemple, au moins à ce niveau-là.

Le vieil homme et la mer – Hemingway

juillet 1st, 2010

Honte.

Honte, la honte sur moi, je n’avais pas relu Le vieil homme et la mer depuis, quoi, le collège ? Et pourtant, j’adore Hemingway, Paris est une fête m’a enchanté l’été dernier… Eh bien Le vieil homme m’a beaucoup moins enthousiasmée, étrangement. Je ne me suis pas retrouvé dans ce « conte », cette histoire de vieil homme qui se bat contre cet énorme poisson, qui se bat contre sa condition physique, sa soif, sa faim, ses muscles blessés, contre les requins… Et qui finit par perdre.

Je ne suis pas complètement naïve et je sais parfaitement ce qu’Hemingway a voulu nous faire comprendre par là, la vacuité de certaines choses de la vie, la faillite permanente, le pessimisme en lame de fond (tiens, ça me rappelle quelqu’un…)

Alors que le roman est court, j’ai trouvé cela long et je l’avoue, je me suis même ennuyée. Je rêvais d’océan, de grands espaces marins, mais Hemingway ne nous livre que la surface des éléments, pour mieux révéler la profondeur du personnage.

Au final, la seule chose qui m’aura plu de cette oeuvre est la poétique d’Hemingway, sa prose si dense si particulière que je trouve toujours aussi magnifique, quant au reste, cela m’est tombé des mains.

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Pour un intermède plus personnel, je lis en ce moment D’autres vies que la mienne de Carrère, j’essaie de me forger une culture du XXIième siècle, ce qui n’est pas évident pour une mordue du XXième comme moi, alors je glane ici et là des idées et surtout des conseils de lecture, qui ne soient pas SF, ou polar, seulement du « classique » du XXIième…

L’envie de travailler Henri Troyat me démange, mais ce n’est pas au programme du M2, mais je pense pouvoir négocier du temps pour des articles de recherche, qui sait ? Mon directeur ne semblait pas s’y opposer. Je ne me décide pas sur mon programme des deux années à venir, j’essaie à tout prix d’éviter le séminaire de LGC, c’est tout, parce que c’est vraiment un cursus rédhibitoire pour moi… Comment ne rien approfondir tout en développant des tas d’idées.

Bref, il faut que je jette un coup d’oeil et que je commence à investir dans les ouvrages critiques mais je viens de soutenir alors… du calme, du repos et du plaisir.

LA Story – James Frey

juillet 1st, 2010

LA Story ou l’histoire de destins croisés dans une ville tentaculaire. La ville la plus fascinante des Etats-Unis pour moi, je ne m’attendais pas à ça, j’ai été agréablement surprise…

Malgré quelques longueurs sur les chapitres concernant des indications factuelles sur la ville de Los Angeles, liste de noms des gangs, listes de noms de soldats blessés ou tués, liste des autoroutes de Los Angeles, la forme autant que le fond de LA Story sont enthousiasmants.
De courts chapitres, entrecoupés par quelques lignes racontant la naissance, l’histoire de la ville de manière chronologique, une écriture ciselée, avec peu de ponctuation, contribuent à donner une « couleur » au roman – si l’on peut appeler cela un roman. Il s’agit plutôt de plusieurs nouvelles, entremêlées, ayant pour dénominateur commun Los Angeles.
La traduction pêche parfois à certains endroits, elle est maladroite, souvent dans les passages non-fictionnels d’ailleurs.
On passe un très bon moment, divertissant, plongé dans l’univers de cette ville à l’atmosphère si particulière. Le lecteur ne reste pas passif, puisqu’il apprend du même coup des faits amusants sur la ville, ce qui est plutôt intelligent.
On aurait pu croire que le découpage pouvait couper l’élan de la lecture dans la narration, il n’en est rien, les histoires vont, viennent et s’enchainent de manière naturelle.
LA Story est original et James Frey maitrise du sujet malgré les approximations de dates et d’anecdotes sur les parties « historiques » du… roman ? Oui, roman.

Métronome – Lorant Deutsch

juin 16th, 2010

Métronome est une bonne idée : l’histoire de France racontée de manière chronologique, pas pompeuse ni ennuyeuse. Ce qu’il faut de dates et de précision historique pour satisfaire les esprits scientifiques, ce qu’il faut d’anecdotes pour se faire apprécier des littéraires. Le tout en évoquant les stations de métro parisiennes, qui, quand on vit dans cette ville, sont si familières. Un bon jeu de connivence avec le lecteur habitant la capitale qui reconnait les lieux où il est déjà passé, re-découvre des quartiers, s’étonne de la transformation de la ville.

Et pourtant, l’ouvrage est long, trop long et les derniers chapitres (qui concernent le XXième et XXIème siècles) auraient pu être économisés… Sans doute parce que l’époque moderne m’interesse beaucoup moins, sans doute parce qu’Haussmann est passé par là et que les grandes constructions et transformations se font désormais en dehors de Paris.
J’ai aimé le lire, parce que c’est bien écrit, parce que l’approche est amusante et parce que, ayant une culture absolument catastrophique en histoire de France, l’ouvrage me rappelle des bases bien plus que nécessaires.
Mais ne nous voilons pas la face, la qualité littéraire est faible; le style est factuel et les sujets « sensibles » abordés sont seulement survolés par l’auteur (notamment l’histoire de Jeanne d’Arc qui aurait pu être la demi-soeur bâtarde du roi; aucune thèse ou anti-thèse n’est expliquée ou réfutée, on nous annonce simplement que c’est « possible ». Un peu juste jeune homme)
C’est donc un livre de métro (justement) et c’est ainsi qu’il faut le considérer : simple mais divertissant.

Demain les chiens – Clifford D. Simak

avril 2nd, 2010

Il parait que Demain les chiens de Clifford D. Simak est un classique de la littérature SF. C’est ce que dit la quatrième de couverture en tout cas. Moi je ne connaissais pas, sans doute parce que je suis une totale autodidacte sur la SF et la Fantasy.

Je vous brosse le portrait rapidement : dans un monde post-civilisation humaine, des chiens doués de la parole s’échangent autour du feu contes et mythes sur les anciens temps, -et notamment sur la genèse de leur propre civilisation, leur don de la parole, la disparition de l’Homme… Le roman est découpé en 8 contes/mythes donc, se passant à des époques différentes, marquant l’évolution de l’effondrement de la civilisation humaine et l’avènement de celle des chiens. Le fil rouge est l’histoire d’une famille, les Webster qui, d’une façon ou d’une autre, participe toujours à l’évolution.

Si j’ai aimé l’intrigue, la façon dont c’est amené, le découpage, les personnages complexes, toujours en demi-teintes, le mutant Joe -que j’ai trouvé détestable mais si bien construit ! (et qui m’a fait fortement penser au Taltos de Rice), la chronologie de chacun des contes, l’extrême variété dans la démonstration de l’évolution – passant de la conquête de Jupiter à la re-découverte de l’arc et des flèches -,  le dénouement implacable sous-entendant que c’est une évolution logique et inexorable qu’une civilisation chasse l’autre, le personnage de Jenkins, véritable mémoire collective et ancestrale… j’ai moins aimé le blabla qui précède chaque mythe.

Ils sont sensés refléter les recherches canines sur ces contes. Trois grands spécialistes de la littérature canine s’affrontent et retranscrivent leur point de vue sur chacun des mythes. J’ai trouvé cela inutile et j’avoue avoir sauté quelques lignes car j’ai parfois eu l’impression que cela me « coupait » dans mon élan de la lecture. L’idée est parfois bonne – elle fonctionne dans d’autres romans que j’ai lu, mais j’ai trouvé que ce double découpage – le découpage en contes, puis le découpage du conte en deux, avec l’explication des théories canines sur leur genèse en avant-propos systématique donc, alourdissait la forme. Je ne saurais dire à quoi cela tient.

Mais après tout, ce n’est qu’un inconvénient mineur. Demain les chiens est sûrement plus complexe qu’il n’y parait à la première lecture. J’ai l’impression d’avoir manqué pleins de choses importantes pour la compréhension totale du roman, qui est extrêmement fourni en concepts différents les uns des autres. Suffisamment de manques pour avoir envie de le relire prochainement en tout cas…