Moby Dick – Melville

« Ne jamais se mettre entre Achab et sa baleine » est une phrase que j’ai parfois entendu. Je savais que cela faisait référence à Moby Dick de Melville, sans jamais pourtant avoir lu ce livre, comme quoi parfois certains personnages sont si forts qu’ils entrent dans la culture collective. Enfin, « si forts », je vais sans doute un peu vite, personnellement, j’ai trouvé la psychologie des personnages – surtout d’Achab- plus que limitée. J’ai parfois eu l’impression de ne lire qu’une suite d’évènements sans intérêt et sans queue ni tête, sauf peut-être celui de montrer que la recherche de la grande baleine est longue et fastidieuse et la vie des hommes à bord, dure et parfois cruelle. Cette dite baleine est chassée par le Capitaine Achab car elle lui a un jour arraché la jambe alors qu’il tentait de la tuer. Depuis, il la traque sans relâche, sa jambe de bois ingénieusement arrimée au pont du bateau.

Certes, j’ai ressenti moins d’ennui que pendant la lecture du Vieil homme et la mer, le vocabulaire marin est simplifié et fait « vrai » mais néanmoins, l’impératif de la quête d’Achab, son obsession qui tourne à la folie, n’est pas bien démontré. De plus, d’un narrateur en focalisation interne (c’est un de ses marins qui parle à la première personne) pendant les 2 tiers du roman, on passe à un narrateur complètement omniscient lors de la fin du roman. Melville s’en sort par une pirouette dans l’épilogue mais cela n’empêche pas de déceler des ficelles un peu trop grosses. Encore une fois, c’est un livre, je pense, à réserver à la jeunesse. (Mais j’avoue que cela suffit, j’ai eu ma dose)

Enfin, Giono était un grand admirateur de Melville (lui ayant même consacré un ouvrage), je ne pouvais donc rester sans avoir lu ce qui est considéré comme son chef d’oeuvre. Voilà qui est chose faite, et si je ne ressens pas le besoin de pousser l’analyse, l’ensemble fut plaisant.